V Arrondissement - Parigi Controcorrente 2020

Vai ai contenuti



Les premières constructions dans cet arrondissement, le plus ancien de la ville, remontent à l'époque romaine. L'ancien cardo maximus correspondait en partie à l'actuelle rue Saint-Jacques.  
Avant 1806, la rue était connue sous le nom de Saint-Jacques-des-Prêcheurs et était empruntée par les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Saint Louis y avait créé un relais pour assister les malades. Sur la façade du numéro 27 se trouve un cadran solaire sur lequel figure une œuvre de Salvador Dali datant de 1968. Elle représente le visage d'une femme autour de laquelle se trouve une coquille de Saint-Jacques.  
Au début du XVIIIe siècle, six blocs sculptés représentant les Nautes avec leurs armes ont été mis au jour dans le sous-sol de la cathédrale Notre-Dame. Les Nautes étaient une puissante confrérie d'armateurs issus de la tribu des Parisii et étaient chargés de contrôler le commerce fluvial.
Après la colonisation romaine, les Romains avaient érigé une colonne en l'honneur de Jupiter sur les bords de la Seine. Elle mesurait six mètres de haut et contenait certainement une statue du dieu. Une dédicace à Tibère permet de dater les blocs retrouvés d'une période comprise entre 14 et 37 après J.-C. La présence de divinités romaines et gauloises montre que les deux religions coexistaient pacifiquement.    
 
La rive gauche, reconstruite au XIe siècle, accueille depuis 1257 l'université de la Sorbonne, mais aussi le Collège de France, l'École polytechnique, l'École normale supérieure, l'Ancienne Faculté de droit, l'Institut Curie, le Lycée Louis-le-Grand, le Lycée Saint-Louis, le Lycée Henry-IV... Autrefois, au numéro 34 de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, il y avait aussi le Collège des Trente-Trois. Le bâtiment est ouvert à tous, et la splendide cour bucolique mérite particulièrement une visite. Le quartier a été le siège des premiers courants révolutionnaires.   
 
Parmi les nombreuses légendes, citons celle de Sainte Geneviève, selon laquelle la jeune femme aurait invité la foule terrifiée à prier alors que les Huns s’approchaient du haut de la colline qui porte aujourd'hui son nom. La prière collective fut efficace et la ville fut épargnée du pillage. Geneviève est devenue par la suite la sainte patronne de la ville et une statue à son effigie se dresse sur une colonne à côté du pont de la Tournelle. Cette œuvre a fait l'objet de nombreuses critiques.  
Une fontaine, située à l'angle de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et de la rue Descartes en 1864, rappelle également le souvenir de Sainte-Geneviève. Elle est de forme semi-circulaire et aux deux angles du demi-cercle se trouvent deux colonnes ornées d'un médaillon en bronze représentant le bateau emblématique de la ville. Dans le mur sont incrustés trois museaux de lion qui crachent de l'eau dans la grille.
 
À travers la grille de la cour de l'ancienne École polytechnique, on peut voir la fontaine La Spirale, créée en 1986 par l'architecte Sloan et ornée d'une sculpture en bronze d'Oppenheim. Et à propos de fontaines, sur la place Louis-Marin, juste à la sortie de la gare RER Luxembourg, se trouve une fontaine dédiée à Pelletier et Caventou, dite fontaine Guérison. En 1920, les recherches des deux médecins avaient abouti à la découverte de la quinine. L'eau de la fontaine jaillit de deux caducées, ces deux bâtons autour desquels s'enroule un serpent, symbole de la profession médicale. Les visages des scientifiques sont représentés dans les deux médaillons du haut.
 
Église de St. Julien le Pauvre
Rue St-Julien-le-Pauvre
Métro : St-Michel, Cluny-La Sorbonne  
 
Au VIe siècle, une chapelle dédiée à Saint Julien-l ‘Hospitalier se trouvait sur l'ancien chemin de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. La chapelle, détruite par les Normands, fut reconstruite au XIIe siècle par les Bénédictins. Sous ses voûtes passèrent Abélard, Albert Le Grand, Dante, Pétrarque, Rabelais, Villon et saint Thomas d'Aquin, qui y prêcha.  
Pendant la Révolution, elle était devenue un grenier à blé. Depuis 1889, cependant, elle est dédiée aux adeptes du culte grec catholique melkite, un rite byzantin. L'intérieur est un mélange de styles roman et gothique. Les chapiteaux des deux colonnes centrales sont décorés de feuilles d'acanthe et de harpies aux ailes déployées. Le chœur est traversé par l'iconostase, traditionnelle dans les églises de rite byzantin. De nombreux concerts y sont organisés.
 
Sur la façade de l'immeuble situé au numéro 42 de la rue Galande, à proximité, se trouve un bas-relief en pierre représentant Saint Julien, qui aurait involontairement tué son père et sa mère. Pour se racheter, il avait construit un refuge pour les voyageurs, auquel il se consacrait entièrement.  
Au numéro 1bis de la rue Saint-Julien le Pauvre se trouve une belle maison à colombages avec poutres apparentes. Elle abrite la Maison historique de la Vieille Chanson de France, une scène musicale qui retrace l'histoire de la chanson française depuis le XIe siècle. Au sous-sol de la maison se trouvent les cachots de l'ancienne prison du Petit Châtelet ainsi qu'une guillotine.  
Au numéro 39 de la rue de la Bûcherie, à côté de la librairie Shakespeare and Company, se trouve une petite maison du XVIe siècle aux poutres apparentes.   
 
Square René-Viviani
25, Quai de Montebello, rue Lagrange, rue Saint-Julien-le-Pauvre  
Métro : Maubert Mutualité RER : Saint-Michel
 
Sur cette place, charmant espace vert avec une vue imprenable sur la cathédrale Notre-Dame, Jean Robin avait placé à la fin du XVIe siècle une plante aux grappes de fleurs blanches et odorantes, que Linné lui dédia par la suite. En 1636, le fils de Jean Robin, Vespasien, y planta un rejeton du robinier de son père. L'arbre existe toujours, bien qu'un peu chétif et tordu et soutenu par une armature en béton.
La place abrite quelques vestiges de l'ancienne abbaye de Long-Pont. René Viviani, à qui elle est dédiée, était un député socialiste qui avait créé le premier ministère du travail. Quand il était Premier ministre, il décréta la mobilisation générale en 1914.  
Sur la place René-Viviani se trouvent une ancienne fontaine en pierre et une nouvelle fontaine en bronze avec trois têtes de cerfs d'où s'écoule l'eau, œuvre du sculpteur Jeanclos.
 
Dante Alighieri sur la paille
 
Il y a deux rues à Paris qui font référence au grand poète Dante Alighieri. L’une est la rue qui lui est dédiée, qui se trouve derrière l’église Saint-Julien. Au numéro 5 se trouve un immeuble avec une très belle façade, décorée d’atlantes musclés et de guirlandes végétales. Dans la rue de Fouarre, en revanche, il semble que Dante s’asseyait sur la paille pour suivre les cours qui se déroulaient dans la rue. Le maître se juchait sur une sorte de tabouret et les élèves s’asseyaient à même le sol « pour développer leur esprit d’abnégation et d’humilité » selon les termes du pape Urbain V.
En vieux français, fouarre signifiait paille et Victor Hugo la cite dans une de ses phrases : “Ne pourrissez pas comme un âne illettré sur le feurre de l’école.”   
 
Église St Séverin
1, Rue des Prêtres -Saint-Séverin
Métro : Cluny La-Sorbonne, Saint-Michel
 
L’histoire de l’église commence au VIe siècle avec un oratoire incendié par les Vikings, remplacé ensuite par une chapelle. Au XVe siècle, l’église fut construite sur le site de la chapelle, dont il reste le clocher. Les murs sont surmontés de plusieurs gargouilles et la porte secondaire porte une inscription en lettres gothiques : “Bonnes gens qui par cy passés, priez Dieu pour les trépassés.”   
 
À l’intérieur, on trouve une double rangée de colonnes torsadées dont les nervures rappellent la forme des palmiers. Dans le cloître, un bas-relief représente l’écrivain Huysmans, qui avait décrit l’édifice. Les chapelles latérales sont éclairées par de magnifiques vitraux représentant l’Arbre de Jessé avec les rois, les prophètes et la Vierge. Dans la chapelle Mansart se trouve une statue de bronze de Notre-Dame du Beau Savoir, patronne des étudiants de l’université. L’orgue du XIXe a également été joué par Camille Saint-Saëns.
Le jardin est entouré de quelques bâtiments gothiques qui étaient un charnier à l’époque médiévale. En effet, les os des défunts étaient enterrés sous les galeries et dans les combles.
 
Au numéro 12 de la rue Saint-Séverin se trouvait l’une des plus étroites maisons de Paris, où aurait vécu l’abbé Prévost d’Exiles, auteur de plus de 170 œuvres, toutes inconnues à l’exception de Manon Lescaut.
Récemment, cependant, la maison a été rénovée et unie à celle d’à côté. Des deux petites fenêtres qui se trouvaient à chaque étage, il n’en reste plus qu’une.
 
Musée national du Moyen-âge
6, place Paul-Painlevé
Métro: Cluny-La Sorbonne
 
Le musée est installé dans l'hôtel de Cluny, qui comprend également les vestiges gallo-romains des thermes.  On y trouve des œuvres très anciennes, comme la statue de Julien l'apostat, située dans le frigidarium des thermes. Dans les vitrines des salles consacrées à la vie quotidienne, on trouve des peignes, des coffres et des articles de toilette. En revanche, dans la zone consacrée au thème de la vie publique, on trouve des feuillets enluminés, tandis que dans la zone consacrée à la guerre, à la chasse et aux tournois, on trouve des épées, des pavois et des tapisseries avec des images en rapport avec le thème. Une salle ronde abrite la tapisserie connue sous le nom de Dame à la licorne,       
La chapelle est de style gothique flamboyant, on y trouve les têtes de rois et d'autres sculptures qui avaient été enlevées à Notre-Dame et retrouvées dans les sous-sols d'une banque. Une rose d'or offerte par le pape est exposée dans la salle du Trésor, ainsi que les couronnes des rois wisigoths et une Vierge à l'Enfant sculptée sur une défense d'éléphant.
 
Jardin médiéval du musée de Cluny
Boulevard Saint-Germain et Saint-Michel, rue de Cluny  
Métro : Saint-Michel RER, Cluny-La-Sorbonne  
 
Le jardin qui entoure l'hôtel des abbés de Cluny évoque le Moyen-âge. On entre dans la "forêt de la Licorne" où l'on découvre les empreintes de divers animaux sur le sol, on passe devant la croix qui dessine quatre carrés sur le sol, on atteint le potager où poussent les choux et les navets et le jardin des simples où prospèrent l'hysope, l'absinthe, la rue et la mélisse, puis on arrive au jardin céleste, dédié à la Vierge, où fleurissent les violettes, les primevères, les lys et les roses... Dans le jardin de l'amour courtois, en revanche, on trouve des œillets, du buis, du chèvrefeuille et le chemin creux, planté de fougères, de giroflées et d'euphorbes, mène à la place Paul Painlevé. En contrebas, un tapis de mille fleurs rend le lieu particulièrement gai en été.
 
Collèges et place de la Sorbonne
Métro: Cluny-La Sorbonne  
 
Trois universités donnent sur la place de la Sorbonne : Paris IV Sorbonne, Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris III Sorbonne. On y trouve également l'église Sainte-Ursule-de-la-Sorbonne, de style classique, construite au XVIIe siècle d'après un projet de Lemercier. Elle a été commandée par Richelieu et abrite son tombeau, construit par Girardon. À gauche de l'église se trouve l'École des Chartres qui depuis deux siècles forme des archivistes paléographes. Les bassins rectangulaires de la place de la Sorbonne, d'où jaillissent de grands jets d'eau, ont une disposition alignée qui souligne la perspective des façades des immeubles en arrière-plan. Il est agréable de s'asseoir sur leurs bords surélevés et de se laisser bercer par le bruit de l'eau.     
Sur un mur de la cour d'honneur du collège, à quinze mètres de hauteur, se trouve un beau cadran solaire. Sous l'arcade du sommet, un bas-relief doré représente le dieu du soleil Phébus conduisant un char, avec l'aphorisme "Nos jours fuient comme l'ombre".
 
Statue porte-bonheur de Michel Montaigne – À la place Paul-Painlevé, toute proche, se trouve une statue du grand humaniste et philosophe Michel Montaigne, auteur des Essais, qui le représente assis, les jambes croisées et tenant un livre. Le bout de son pied droit est très luisant car les étudiants, persuadés qu'il leur portera chance pour leurs examens, viennent le caresser la veille des épreuves en prononçant la phrase : "Salut, Montaigne !" La statue a été réalisée par Landowski et date de 1933. Elle était à l'origine en marbre blanc, mais comme elle était souvent recouverte de peinture et d'écriture, il fut décidé de la réaliser en bronze.      
Sur le square Paul-Painlevé, devant l'entrée du musée de Cluny, se trouve également une copie de la Louve de Rome offerte par cette dernière à la ville de Paris. La fontaine est dédiée à Octave Gréard, académicien de France, qui avait mis en œuvre plusieurs réformes scolaires, dont la création de lycées pour jeunes filles. Le bas-relief représente une institutrice assise avec un livre sur les genoux et une élève tendant avec reconnaissance un bouquet de roses à Gréard.  
 
Observatoire de la Sorbonne
17, Rue de la Sorbonne
Métro: Cluny-La Sorbonne, Odéon
 
Si le temps le permet, le rendez-vous est fixé à 21 heures devant la Sorbonne. Un expert de la Société d'astronomie fait visiter l'observatoire de l'université. On commence par inspecter le bâtiment, en écoutant son histoire, puis on prend l'ascenseur jusqu'à la coupole, dont le hall abrite une belle lunette d’observation. S'il fait encore jour, comme en été, on fait le tour sur le balcon circulaire pour admirer le Panthéon, l'Institut Louis-Le-Grand et l'église Saint-Sulpice. Dans l'obscurité, vous pourrez admirer les lumières scintillantes de la Tour Eiffel, avant de revenir et de vous préparer à l’observation du ciel. Le mécanisme est manuel : on ouvre une fente dans le toit, puis on tourne la coupole dans la direction souhaitée. Malheureusement, le ciel au-dessus de Paris est assez pollué, ce qui, avec les nuages, ne permet de voir que quelques étoiles.     
 
Église orthodoxe roumaine – Dans la rue Jean de Beauvais, toute proche, se trouve une chapelle de style gothique où priaient saint François Xavier et saint Ignace de Loyola. En 1966, elle est devenue une église orthodoxe roumaine, ornée d'une riche iconostase. En 1994, les funérailles d'Eugène Ionesco y ont été célébrées en présence du roi de Roumanie.  
 
Panthéon
Place du Panthéon
Métro : Maubert-Mutualité, Cardinal-Lemoine
RER: B Luxembourg
 
C’est l'œuvre de l'architecte Soufflot et il constitue un symbole de la laïcisation progressive de la mémoire nationale. L'édifice avait été commencé en 1755 pour être la nouvelle église de l'abbaye Sainte-Geneviève. Il venait d'être achevé lorsque la Révolution décida d'en faire le Panthéon de la France, à l'occasion de la mort de Mirabeau. Le fronton porte la célèbre inscription "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Au fil du temps, l'édifice changea plusieurs fois d'affectation, au gré des régimes politiques, et même l'inscription fut effacée puis remise en place. Aujourd'hui, l'édifice est totalement laïc, bien qu'il conserve une croix au-dessus de la coupole.
La place située devant le bâtiment a été aménagée en même temps que celui-ci. Elle est surplombée par la faculté de droit, la mairie du Ve arrondissement, la bibliothèque Sainte-Geneviève, le collège Montaigu et le lycée Henry IV.
Des discours funéraires célèbres ont été prononcés sur ce parvis, dont celui de Malraux, qui commençait par la phrase : "Entre ici, Jean Moulin". L'orateur se tenait près de l'endroit où se trouvait le cercueil avant d'être enterré à l’intérieur. Pour le poète martiniquais Aimé Césaire, cette pratique n'a pas été suivie car il souhaitait être enterré sur son île. On s'est donc contenté d'apposer une plaque à sa mémoire.  
Dans l'angle nord-est de la place, ainsi que dans la place adjacente portant le nom de l'abbé Basset, on trouve de nombreux bars et restaurants. Le Comptoir du Panthéon, au numéro 13 de la rue Victor Cousin, propose une cuisine française traditionnelle avec d'excellentes soupes à l'oignon, des escargots et des crêpes.  
 
Église St Étienne du Mont
1, Place Sainte Geneviève
Métro: Cardinal Lemoine
 
L'église date de 1626 et présente une façade style Renaissance. La lapidation de saint Étienne est représentée dans le tympan. À l'intérieur, le style Renaissance se mêle au gothique. Un élément remarquable est le jubé, la tribune transversale qui séparait le chœur de la nef dans les cathédrales gothiques. C'est de cette chaire que l'on prononçait les sermons et les lectures de textes sacrés. Elle est en marbre blanc incrusté et les balustrades sont décorées de grappes, d'anges et de palmettes. C'est le seul jubé qui reste à Paris.
Derrière le chœur se trouvent douze magnifiques vitraux du XIIe siècle représentant des épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'église abrite la châsse des reliques de sainte Geneviève. On y trouve également les pierres tombales de Racine, Pascal et Rousseau.  
Sur la petite place, au pied des marches de l'ancienne école polytechnique, se trouve une belle fontaine de l’époque de la Régence, œuvre de Jean Beausire. C'est une œuvre fascinante, avec un masque en bronze placé dans une niche et dont le cadre est orné de dauphins. Deux étranges animaux marins fixent les passants avec des yeux exorbités. À côté de l'église se trouve le Jardin Carré et sur la place Paul-Langevin il y a la fontaine Childebert. Au numéro 1 de la rue Clovis se trouve un bas-relief représentant un lion entouré de chardons. Le terrain appartenait autrefois au Collège des Écossais. À quelques mètres se trouve la chapelle de l'institut, où est conservé le cerveau de Jacques II d'Angleterre, petit-fils de Marie Stuart. Au nord de l'église Saint-Étienne se trouve la petite rue Laplace où l'immeuble du numéro 12 conserve un fragment de la porte du collège des Grassins du XVIIe siècle.     

Ancien Collège des Bernardins  
20, Rue de Poissy  
Métro: cardinal Lemoine, Maubert-Mutualité  

Le bâtiment avait été construit pour être le siège de la formation des moines cisterciens, également connus sous le nom de Bernardins. La région était marécageuse à l'époque, si bien que le bâtiment reposait sur de gros piliers de chêne. En 1790, il fut confisqué par les révolutionnaires, puis passa à l'administration, et enfin au diocèse de Paris. Après restauration, il est utilisé pour des cours, des manifestations artistiques et des conférences.  
C'est un bâtiment d'une rare beauté dont la légèreté des lignes est valorisée par la lumière. De la rue de Poissy, on aperçoit le logis du pape, résidence de la plus haute autorité. Le rez-de-chaussée est voûté. Au numéro 18 de la rue de Poissy se trouve la sacristie qui reliait le réfectoire à l'église au XIVe siècle.   
Au numéro 24 de la rue Saint-Victor, située à côté, se trouve un immeuble à la belle façade Art déco qui fut le siège de la Maison de la Mutualité après la guerre. Des congrès et des manifestations y étaient organisés. Sartre, propriétaire du journal "La cause du peuple", y organisait également ses réunions.  
 
Musée de la Préfecture de Police
1 bis, Rue Basse des Carmes           
4, Rue de la Montagne Sainte Geneviève
Métro: Maubert-Mutualité
 
Le musée a été créé par le préfet Lépine et se trouve au deuxième étage de l'hôtel de police. Il abrite toutes sortes de témoignages historiques, dont les lettres de cachet, qui permettaient au roi d'emprisonner arbitrairement n'importe qui. On y trouve des documents issus de procès célèbres, comme ceux de Ravaillac et de Landru. Une partie du musée est consacrée aux débuts de l'investigation scientifique, avec le système d'identification de Bertillon, qui découvre en 1870 qu'un individu peut être identifié par la mesure de quatorze caractéristiques dont la taille, le nez, les oreilles et surtout les empreintes digitales. On peut aussi examiner de près la mallette avec les instruments qu'il utilisait. Ce système d'identification a pris le nom de bertillonage.  
 
On y trouve également des chaînes de prisonniers, des médailles de police, des armes utilisées pour commettre des crimes, des ordonnances et des sentences, quelques registres d'incarcération et des coupures de journaux relatant des crimes célèbres. Des instruments de torture sont exposés dans une vitrine, ainsi que la lame d'une guillotine. Des mannequins portent les uniformes des sergents de ville, qui assuraient le maintien de l'ordre avant 1830. Il y a les mandats d'arrêt pour Beaumarchais, Desmoulins et Charlotte Corday. Il y a également une reconstitution de la machine infernale utilisée par Fieschi lors de la tentative d'assassinat de Louis Philippe. Une vaste bibliothèque est à la disposition des chercheurs et des personnes intéressées par la criminologie.  
 
Musée Curie
1, Rue Pierre et Marie Curie
Métro: Place Monge
 
Le musée est situé à côté du hangar où Pierre et Marie Curie ont travaillé à la découverte du polonium et de l'uranium, survenue en 1898. Il abrite des objets et des archives liées aux travaux des deux scientifiques, des objets qui retracent l'histoire de la radioactivité et de ses applications, notamment en médecine. On y trouve également une collection d'instruments scientifiques utilisés à l'Institut du radium entre 1910 et 1960, ainsi que des objets illustrant l'utilisation de la radioactivité au début du XXe siècle.    
 
Abbaye de Notre-Dame de Val de Grâce
1, place Alphonse Laveran
Métro : Les Gobelins

L'abbaye du Val de Grâce, sur laquelle ont travaillé les architectes Mansart, Lemercier, Le Muet et Le Duc, associe harmonieusement le classicisme français et le baroque italien. Elle a été fondée en 1621 pour accueillir les bénédictins du couvent du Val-de-Grâce de Bièvre. Au XVIIe siècle, Anne d'Autriche y séjournait régulièrement. Elle voulait remercier Dieu de lui avoir donné un héritier après 23 ans de mariage, le futur Louis XIV. Pendant la Révolution, elle fut transformée en hôpital militaire. La façade comporte deux étages avec un double fronton triangulaire. La coupole est ornée d'une fresque de Mignard intitulée La Gloire du Val-de-Grâce, dans laquelle plus de deux cents personnages illustrent la naissance de Louis XIV. L'influence baroque est évidente dans la voûte sculptée de la nef et dans le somptueux baldaquin à six colonnes torsadées.
 
Pour accéder à l'église, il faut passer par le musée du Service de Santé des Armées, qui abrite une intéressante collection d'instruments médicaux et de vases d'apothicaire. Viennent ensuite la salle des brancards, celle du front et celle de l’hôpital dédié à la chirurgie réparatrice. Les fenêtres de l'hôpital offrent une vue magnifique sur le cloître bénédictin, qui n'est pas ouvert au public.   
 
En 1995, l'architecte Yves Boiret a placé deux fontaines en pierre de part et d'autre de la place Alphonse-Laveran, en face de la chapelle. Elles sont toutes deux dédiées au premier prix Nobel français de médecine, Alphonse Laveran, et se caractérisent par une grande sobriété de lignes et de décor.  
 
Des tableaux quelque peu macabres - Dans la chapelle Sainte-Anne, à gauche de l'autel, étaient conservés les cœurs des familles royales et d'Orléans. Il y avait ceux d'Anne d'Autriche, de Marie-Thérèse d'Autriche, du régent Philippe d'Orléans, de Marie Lesczynska et d'autres encore. Sous la Révolution, une dizaine de ces cœurs furent acquis par le peintre Martin Drolling. L'artiste les a mélangés à de l'huile pour obtenir une couleur qui a donné aux tableaux un effet très recherché. Les tableaux de Drolling sont exposés au musée du Louvre.  

Hôtel Scipion
Rue Scipion, 13
Métro : Gobelins

Scipion Sardini était un banquier toscan qui vint à Paris après que Catherine de Médicis, la fille de Laurent II, soit devenue reine de France suite à son mariage avec Henri de Valois. Il accordait des prêts au roi et à la cour. Son palais, construit en 1565, fut le premier à présenter une façade en pierre et en brique. La combinaison de la pierre et de la brique était typique de l'architecture italienne de l'époque, mais n'existait pas en France. Cinq médaillons en terre cuite sculptés par Della Robbia ornent ses arcades (il s'agit en fait de copies, les originaux étant conservés au musée de l'Assistance publique).  
Sardini avait amassé une immense fortune. Il fut nommé baron et épousa Isabelle de Limeuil, l'une des membres de « l'escadron volant » de la reine, composé de femmes belles et séduisantes, chargées d'user de leurs charmes pour soutirer aux grands seigneurs ce que la reine voulait d'eux.  

Marché aux chevaux - Au numéro 5 de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire se trouve l'impasse du Marché-aux-Chevaux, où se tenait, au XVIIe siècle, le marché de ces animaux. À la rue de l'Essai, en revanche, on examinait les bêtes à vendre. La façade du beau bâtiment du marché porte l'inscription : « Marchands de chevaux, poneys, doubles poneys de toutes provenances et chevaux de trait ». Cette liste nous rappelle les différents usages des chevaux.
 
Sur cette place se trouvait le célèbre cabaret Pomme de Pin, célébré par Rabelais, où se réunissaient les sept poètes de la Pléiade. La Pléiade est le nom d'une constellation composée de sept étoiles dans lesquelles s'étaient transformées, selon la mythologie, les filles d'Atlas et de Pléioné, qui s'étaient donné la mort par désespoir du sort que Zeus avait réservé à leur père.
 
Ce nom, qui désignait déjà sept poètes grecs ayant vécu sous le règne de Ptolémée Philadelphe, fut repris par Ronsard pour sa « Brigade idéale », à l'imitation de la Pléiade alexandrine. Outre le fondateur Ronsard, auteur des Odes, inspirées de Pindare et d'Horace, elle compte parmi ses membres l'humaniste Dorat, maître de Ronsard, Jean-Antoine Baïf, auteur des Amours et des Passe-temps, empreints d'érudition gréco-latine, et Étienne Jodelle, auteur du décasyllabe Cléopâtre captive, annonciateur de la tragédie classique.

Rue Mouffetard et Place de la Contrescarpe
Métro : Censier-Daubenton

La rue Mouffetard est une ancienne voie romaine qui, au Moyen-âge, était l’une des voies de sortie de la ville, toujours empruntée par les porteurs et la cavalerie et donc très animée. Puis, au fil des siècles, elle a été le théâtre de troubles, comme au moment de la Révolution et de la Commune. Aujourd'hui, elle est surtout parcourue par les touristes et il est intéressant de s’y promener jusqu’à la place de la Contrescarpe. On y trouve de vieilles maisons avec des pignons et des détails particuliers. Sur la façade du numéro 12 se trouvait une enseigne en verre peint représentant un noir en pantalon rayé en train de servir un chocolat chaud à sa patronne, avec l’inscription : Au nègre Joyeux. Maintenant elle se trouve au musée Carnavalet. Au numéro 104 se trouve le passage des Postes. Sur la façade du numéro 122 sont représentés deux personnages se tenant près d’un puits, l’un d’eux remontant un seau. L’enseigne date de 1592, elle s’appelait autrefois La Bonne Eau, puis est devenue La Bonne Source et indiquait la boutique d’un vigneron. Le décor de la maison du numéro 134, quant à lui, date de 1929 et a été réalisé par le peintre italien Eldi Gueri pour la boucherie Facchetti, qui existe encore aujourd’hui.
 
Sur cette rue a également lieu un marché méditerranéen très agréable qui propose un large choix de fruits, de légumes, de poissons, de pâtisseries, de fromages et de charcuteries, de produits biologiques et de produits issus du commerce équitable.
 
Au croisement de la rue Mouffetard et de la rue de Bazeilles se trouve une curieuse fontaine de Guy Lartigue appelée Pluie. Elle est particulière parce qu'à l'intérieur du cercle extérieur des deux bassins il y a de l'herbe. Au coin de la rue du Pot-de-Fer se trouve une belle fontaine monumentale datant de 1672, à double façade. Sur l'angle arrondi se trouve un cadre portant une inscription aujourd'hui illisible. Au-dessus de la corniche, il y a cinq frises décoratives avec des coquilles, des volutes et des fleurs sculptées dans la pierre.  
 
Place de la Contrescarpe – Cette place est très prisée des touristes, mais son atmosphère est agréable et quelque peu provinciale. L’aménagement actuel date de 1852, mais son histoire remonte au Moyen-âge, lorsqu’une partie du mur d’enceinte de Philippe Auguste y fut érigée. Le terme de contrescarpe correspond d’ailleurs au talus extérieur du fossé devant la muraille. Jusqu’au XIXe siècle, une population misérable vivait dans ce quartier, s’entassant dans des chambres mal meublées. L’alcoolisme, la criminalité et la prostitution étaient très répandus. C’est seulement après la guerre qu’il y eut un réaménagement de l’environnement. Au centre de la place se trouve une fontaine entourée d’un talus avec une haie et des fleurs. La fontaine de la place de l’Estrapade, située à proximité, est quant à elle décorée de quatre masques d’enfants placés sur le pied central.
 
Il est agréable de s’asseoir à l’une des terrasses des nombreux cafés et de regarder les gens passer tout en prenant un petit en-cas.
 
La place Lucien Herr, située à proximité, est une charmante petite place tranquille dédiée à l’homme politique d’origine alsacienne qui a cofondé le journal l’Humanité. Une fontaine lui est également dédiée.

Église de Saint-Médard
141, rue Mouffetard
Métro : Censier-Daubenton

L’édifice religieux date de la seconde moitié du XVe siècle et ressemble à une église de campagne, avec son clocher en ardoise et la silhouette d’un coq français surmonté d’une croix. Médard, à qui il est dédié, était un simple diacre qui mourut à l’âge de 36 ans, épuisé par les privations qu’il s’infligeait afin de réserver son argent pour aider les pauvres. À l’intérieur, le chœur conserve les anciennes voûtes en bois, qui devaient être provisoires. Il abrite de nombreuses œuvres d’art. L’orgue date de 1500. Dans la chapelle du Sacré-Cœur se trouve Le Christ au tombeau de Philippe de Champagne. Un autre beau tableau est La promenade de Saint-Joseph et de l’enfant Jésus de Zurbaran.
 
Les convulsionnaires - Au XVIIIe siècle, le petit cimetière situé derrière l'église fut le théâtre du curieux épisode des convulsionnaires. Après la mort de Médard, des rumeurs disaient qu’il faisait des miracles et sa tombe était devenue un objet de culte, avec certains individus exaltés qui dépassaient les limites. En effet, ils allaient jusqu'à prendre des poignées de terre tout autour et la mangeaient, tout en criant, en déchirant leurs vêtements et en s'infligeant des coups. C'est pourquoi les autorités ont fermé le cimetière et ont emmené les fanatiques les plus déchaînés à la Bastille.

La Grande Mosquée   
2bis, place du Puits-de-l ’Ermite  
Métro : Place Monge, Censier-Dauberton

La Grande Mosquée a été conçue par les architectes Fournez, Mantout et Heubès qui se sont inspirés de celle de Fès. Elle est décorée à la main avec des matériaux provenant d’Afrique du Nord et fut inaugurée en 1926, en mémoire des cent mille musulmans morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. C’est aussi le lieu de culte pour les musulmans vivant à Paris et c'est la plus ancienne de France. L'entrée principale se fait sur la cour d'honneur, bordée de galeries. Le minaret carré, recouvert de tuiles turquoise, mesure trente-deux mètres de haut. On se croirait dans une ville arabe lorsque le soleil couchant le teinte de ses couleurs et surtout le vendredi soir, lors des rassemblements.  
 
À droite de la cour d'honneur se trouve le Grand Patio, une cour pavée de marbre blanc entourée d'un péristyle dont la colonnade présente une frise de carreaux émeraude rappelant ceux des jardins de l'Alhambra. La fontaine est un long bassin de marbre destiné aux ablutions des fidèles. Cette partie, ainsi que la salle de prière, recouverte de tapis persans, n'est pas accessible.  
 
En revanche, vous pouvez vous promener dans le jardin, sous les palmiers et les glycines, où, par beau temps, le jasmin et le chèvrefeuille diffusent un merveilleux parfum. Il est également agréable de s'arrêter dans le petit café, où l'on peut s'asseoir sur des coussins ou des bancs peu élevés et déguster un thé à la menthe accompagné de pâtisseries au miel ou de crêpes aux légumes, tout en écoutant de la musique orientale. Dans la boutique, vous pourrez acheter des babouches, des lampes ou des narguilés. Il est également tentant de faire une halte envoûtante au hammam qui, avec son décor des mille et une nuits et ses massages aux huiles parfumées, est devenu une institution.
 
Jardin de la Mosquée - Le style et l'atmosphère du jardin s'inspirent de ceux de l'architecture hispano-mauresque, avec le gargouillis de l'eau, le parfum des plantes fleuries, le turquoise des terres cuites vernissées, les espaces géométriques soulignés par les bordures de buis, les cyprès, les palmiers, les bassins, une grande fontaine de marbre au centre, dont les jets se versent dans la haie qui forme la bordure, les floraisons des plantes qui se succèdent tout au long de l'année, en commençant par la glycine et en continuant par le triomphe des couleurs des myriades de corolles qui s'ouvrent pendant l'été. Sur la terrasse, les plantes sont en pot, tandis que dans les jardins latéraux, il y a aussi des arbres fruitiers.  

Institut du Monde Arabe
1, Rue des Fossés-Saint-Bernard, place Mohammed V
Métro : Jussieu, Cardinal Lemoine  

L'institut est connu sous l'abréviation IMA. Sa construction a été décidée en 1981. Dans le hall d'entrée, une carte indique les vingt-deux pays qui ont contribué à sa construction. La façade sud est constituée de moucharabiés qui s'ouvrent et se ferment en fonction de la luminosité extérieure. La collection permanente à l'intérieur, organisée autour de la date de l'Hégire, 622 après J.-C., met en lumière la formation et l'expansion de la civilisation arabo-musulmane et permet de suivre le développement des mathématiques, de la médecine et de l'astronomie. Le plus ancien astrolabe date de 927 et servait à déterminer la hauteur du soleil, la durée du jour et donc aussi l'heure de la prière. D'importantes expositions y sont souvent organisées.  
L'Institut dispose également d'une importante bibliothèque, tandis que des conférences gratuites sur l'histoire, l'art, la littérature islamique, la cuisine et la médecine sont souvent organisées dans la salle du Haut Conseil.   
Au dernier étage se trouve un restaurant avec terrasse, d'où l'on a une belle vue sur Paris et la Seine.  
 
Fontaine La Bouche de la Vérité – Au centre de la place Jussieu se trouve une fontaine, conçue par Guy Lartigue, appelée La Bouche de la Vérité, évoquant celle de Rome qui mordait la main des menteurs. Elle se compose d'un bassin circulaire surmonté d'une roue en granit gris percée d'un trou d'où jaillit l'eau.    

Jardin des Plantes
57, Rue Cuvier  
Métro : Gare d’Austerlitz, Jussieu, Censier-Daubenton
Bateaubus: Jardin des Plantes    

Le Jardin des Plantes, l'un des sept départements du Musée d'histoire naturelle, est fascinant. Il abrite un patrimoine végétal exceptionnel. La collection de plantes médicinales, par exemple, a débuté en 1626 avec le médecin de Louis XIII qui avait créé un jardin dans lequel étaient plantées "toutes sortes d'herbes médicinales, pour servir ceux qui en auraient besoin."  
 
Grande Galerie de l'Évolution - La Grande Galerie de l'Évolution dont l'entrée se situe au numéro 36 de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, est l'une des quatre galeries du musée. Située sous une structure métallique couverte de verre, elle abrite quatre milliards d'années d'histoire naturelle. Elle présente la diversité du monde vivant, montre l'évolution des organismes vivants et l'influence des activités humaines sur cette évolution. Les milliers d'espèces qui se trouvent dans la Galerie de zoologie racontent l'histoire de l'évolution des animaux vivant dans l'Arctique, le désert et la forêt tropicale.
 
Au rez-de-chaussée il y a les fonds marins, sillonnés par les baleines et les bancs de poissons. Leurs corps sont constitués de formes en polystyrène recouvertes de la véritable peau des animaux. Des panneaux d'affichage et des programmes interactifs permettent aux visiteurs d’en savoir plus sur les découvertes des chercheurs et les théories qu'ils ont élaborées. On apprend ainsi que quatre cents espèces de mammifères et d'oiseaux ont disparu de la terre au cours des quatre derniers siècles. Dans la salle consacrée aux espèces disparues, on trouve, entre autres, la baleine bleue, le loup de Tasmanie et le tricératops, l'un des derniers dinosaures. Il y a aussi le dodo, l'oiseau de l’île Maurice, auquel est consacré un manège composé d'animaux disparus à la place des chevaux. Les enfants peuvent également choisir de s'asseoir dans la carapace d'une tortue ou dans le petit bateau qu'un panda tient sur sa tête comme chapeau.  
 
Galeries de Paléontologie et d’Anatomie comparée – Dans cette partie du musée, dont l'entrée se trouve au numéro 2 de la rue Buffon, se trouvent de nombreux squelettes de toutes tailles et de toutes formes, qui remontent à environ six cents millions d'années. On peut y admirer des squelettes de dinosaures, de mammouths, le squelette d'un petit rhinocéros offert à Louis XV par le gouverneur français de Chandernagor, des fossiles d'invertébrés... Dans une vitrine se trouve un moulage des ossements de l'Australopithecus afarensis, dite Lucy, notre ancêtre découverte en Éthiopie en 1974. Au pied de l'escalier se trouve l'Arbre du Vivant, qui montre les liens de parenté entre les organismes vivants. Chaque nœud de l'arbre représente un ancêtre commun à plusieurs descendants.  
 
Galerie de minéralogie – Le musée, dont l'entrée se trouve au numéro 34 de la rue Jussieu, est situé dans l'enceinte de l'Université. Les amateurs de minéraux et ceux qui étudient leurs caractéristiques, leurs propriétés physiques et leur composition seront comblés par cette riche collection de plus de vingt-cinq mille spécimens. Il y en a environ deux mille qui sont exposés dans les vitrines panoramiques, choisis parmi les plus beaux et les plus importants. Ils sont classés selon leur composition chimique.    
 
Galerie d’Entomologie – C'est ici, au numéro 55 de la rue Buffon, que l'on trouve les insectes les plus beaux et les plus spectaculaires. Plus de quarante millions de spécimens y sont conservés, un spectacle époustouflant ! La collection de papillons nécessiterait à elle seule de nombreuses heures perdues à admirer la perfection et les couleurs de leurs ailes ! Il ne reste plus qu'à vous y rendre...
 
Ménagerie - Après la Révolution, le Jardin des Plantes, rebaptisé Musée d'histoire naturelle, a dû être agrandi pour accueillir tous les animaux de Versailles et ceux des collections privées des princes qui avaient été confisqués. Parmi les curiosités figure une grande girafe, offerte par le pacha d'Égypte et arrivée à Marseille, qui avait rejoint Paris à pied, défilant devant une foule qui l'acclamait comme une star. Des poèmes et des chansons lui ont été dédiés et sa silhouette avait été reproduite sur des cartes postales et de la vaisselle... Elle fut ensuite installée à la Rotonde, où elle vivra pendant vingt-quatre ans. La magnifique volière a été construite à l’occasion de l'Exposition du centenaire de la Révolution et est l'œuvre de Jules André. Au numéro 57 de la rue Cuvier, il y a un espace à la fois ludique et pédagogique, idéal pour y emmener les enfants.     
 
Jardin alpin – Dans un coin du Jardin des Plantes, dont les entrées se situent soit au numéro 57 de la rue Cuvier, soit au numéro 2 de la rue Buffon, soit au numéro 36 de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, se trouve une reproduction d'un jardin alpin. Pour le réaliser, la terre a été creusée jusqu’à une profondeur de trois mètres afin de protéger les plantes des variations de température. Et celles-ci se sont très bien adaptées à ces conditions de vie spécifiques. Les rochers, le système d'irrigation spécial et les ruisseaux qui forment de petites cascades permettent de reconstituer le microclimat de différentes régions montagneuses. On y trouve différentes espèces du Caucase, des Pyrénées, de l'Amérique du Nord et de l'Himalaya. Il y a des arbres centenaires, des plantes aux senteurs délicates, mais surtout des edelweiss qui se distinguent parmi les grosses pierres...  
Le jardin n'est ouvert qu'en été.   
 
Kiosque - Sur la butte Coypeau, près de l'entrée du numéro 40 de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, se trouve un kiosque en fer et en bronze datant de 1788. C'est l'un des premiers exemples d'architecture métallique. Au sommet de la structure se trouve une sphère armillaire dont les cercles représentent les lignes d'horizon, le méridien et l'écliptique, avec au centre un petit globe représentant la terre. À l’époque il y avait un mécanisme d’horlogerie mais aujourd'hui, seule l'inscription latine sur le cadran solaire est encore visible : horas non numero nisi serenas (« je ne compte que les heures heureuses »). Du belvédère de la butte, on aperçoit, sur la pente en contrebas, un énorme cèdre du Liban qui avait été planté par Jussieu en 1734.
 
À l'entrée du jardin, côté Seine, se trouve une statue en bronze de Jean-Baptiste Pierre de Monet, chevalier de Lamarck, naturaliste français et fondateur de la doctrine de l'évolution. L'ensemble des idées de Lamarck sur l'évolution des êtres vivants constitue une théorie connue sous le nom de lamarckisme, selon laquelle les différents caractères qu'une espèce acquiert au cours d'une génération, et qui sont influencés par le milieu, sont transmis à la génération suivante. Cette hypothèse contredit les découvertes de la génétique moderne en matière de mutations, mais le néo-lamarckisme n'en reste pas moins actuel.  
 
Entre lions et crocodiles - À l'angle de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire et de la rue Cuvier, juste après l'entrée du Jardin des Plantes, se trouve une belle fontaine recouverte en partie par de la végétation avec, derrière un mur, un masque en forme de tête de lion qui crache de l'eau dans le bassin situé en contrebas. Au-dessus, deux autres lions en bronze ont été réalisés par le sculpteur Jacquemart. L'un des animaux tient un petit chien entre ses griffes et semble sur le point de le dévorer.
 
Dans la rue Cuvier, la rue dédiée au grand naturaliste Georges Cuvier mort du choléra en 1832, se trouve une fontaine qui lui est également dédiée. Sous la statue allégorique de l'Histoire naturelle, on trouve un groupe d'animaux, dont un aigle, un lion, une otarie, un hibou, plusieurs animaux amphibies et un crocodile dont la tête est tournée à 90°, ce qui est impossible dans la nature. Peut-être a-t-elle été sculptée ainsi pour éviter qu'elle ne dépasse trop.  

Jardin Tino Rossi
Quai Saint-Bernard
Métro: Gare d’Austerlitz, Jussieu  

Cet espace de verdure au bord de la Seine abrite des statues de marbre, de bronze et de fer d'artistes grecs, cubains, hongrois, brésiliens et, bien sûr, français. La place est un merveilleux musée à ciel ouvert de sculptures modernes, que l'on visite en flânant agréablement sur les pelouses. Des œuvres de Liberaki, Cardenas, Paktai, Liuba, César et Etienne-Martin se détachent sur fond de bateaux naviguant sur le fleuve, de magnolias et de cerisiers. On peut également admirer des œuvres de Zadkine, Schoffer - son Chronos de 1980 - et Stahly.
 
Au centre du jardin, un grand bassin et plusieurs petits bassins forment la fontaine dite de l'Hydrorrhage, conçue en 1977 par l'architecte Badani. Près du bord se trouve une structure métallique en forme d'armature, d'où sortent des tuyaux pour des jets d'eau. Derrière l'armature se trouve un homme nu dans une position douteuse. C'est pourquoi l'administration a fait installer une grille et une haie devant pour éloigner les enfants et les badauds.

Arènes de Lutèce
49, Rue Monge
Métro : Place-Monge

"Il n'est pas possible que Paris, la ville de l'avenir, renonce à la preuve vivante qu'elle a été la ville du passé". Ce sont les paroles prononcées par Victor Hugo qui, en 1883, avait lancé un appel pour sauver les arènes romaines de la destruction. L'amphithéâtre, qui accueillait à l'époque quelque quinze mille personnes venues assister aux combats de gladiateurs, aux jeux nautiques ainsi qu’aux représentations théâtrales, était en effet menacé d'être complètement détruit. Les pierres du mur semi-circulaire qui servait à renvoyer les voix des acteurs vers le public, ainsi que celles des marches, avaient déjà été en partie utilisées pour construire des églises et des ponts. Ensuite, le théâtre est resté enfoui pendant une douzaine de siècles et, lorsqu'il a ressurgi, une société immobilière voulait l'enlever pour construire des immeubles. Sur deux pierres des gradins, les noms de Marcellus et Verus, deux dignitaires romains abonnés aux spectacles, sont encore visibles, tandis que derrière la scène subsistent les "loges" des acteurs et les cages des fauves. Aujourd'hui, des représentations théâtrales et des concerts ont lieu dans l'arène aux dimensions réduites. Derrière le proscenium se trouve un petit musée lapidaire. L'amphithéâtre donne également sur la rue des Arènes et sur la rue de Navarre.
 
Un jardin à l'italienne - Au numéro 4 de la rue des Arènes se trouve le square des Arènes, qui se prolonge par un jardin d'inspiration italienne, le square René Capitan. Ce dernier fut chargé de la restauration des arènes romaines et l'espace abrite aujourd'hui sept mille arbustes et plantes. On y trouve des oliviers d'espèces peu communes, des frênes à manne et des hêtres champêtres de seulement deux mètres de haut aux branches toutes tordues. Derrière la fontaine se trouvent deux micocouliers de grande longévité qui, en septembre, se couvrent de baies d'un violet sombre. Les plantes à fleurs ne sont pas moins intéressantes et elles sont présentées à de nombreux concours. Malheureusement, la statue de la nymphe allongée dans la belle fontaine située sous l’escalier a été décapitée.
 
 

Torna ai contenuti