III Arrondissement - Parigi Controcorrente 2020

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Au début du quaternaire, la Seine avait deux bras. L’un est celui que nous connaissons et l’autre partait du bassin de l’Arsenal, formait un demi-cercle vers le nord, puis descendait pour rejoindre le premier au Pont de l’Alma. Lorsque ce bras disparut, un vaste marécage causé par les crues du fleuve se forma. Ce marais fut assaini et transformé peu à peu en quartier habitable. Il y eut d’abord des couvents, puis les maisons de campagne des seigneurs et pour finir les résidences du roi et de la noblesse se multiplièrent avec la création de l’actuelle place des Vosges, dans le Marais. Le nombre de palais construits à cette époque est très important. Au XVIe siècle, le Marais n’était pas très attrayant.
Ce n’est qu’après la création de la place des Vosges que la noblesse s’y installa et construisit de nombreux palais somptueux comme le Rohan, le Sully, l’Aumont, l’Hallwyll, le Guénégaud, le Carnavalet… Puis, au milieu du XVIIIe siècle, le quartier n’était plus en vogue et des artisans arrivèrent à la place des nobles, accompagnés de leurs ouvriers et ils transformèrent les cours en ateliers.
 
Toutefois, le Marais est resté un quartier très médiéval, avec de nombreux petits jardins. Parmi ces derniers citons celui du square Léopold-Achille, aux multiples essences peu communes, celui du square de la tour Saint-Jacques, à la végétation luxuriante, et celui du square du Temple, chargé de souvenirs historiques. Avec ses beaux palais restaurés avec soin, c’est un lieu particulièrement intéressant à visiter, même s’il est très touristique.
C’est dans cet arrondissement que se trouve la plus courte rue de la capitale, la rue des Degrés qui, sur le plan de Paris, apparaît comme un trait d’union très court entre la rue Beauregard et la rue de Cléry. Son nom vient du fait que la rue est intégralement constituée d’un escalier de quelques mètres de long et qu’il n’y a pas une seule porte dans les murs des maisons situées sur les côtés. Autre curiosité, c’est dans les ruelles du quartier des Arts et Métiers que vit la plus ancienne communauté chinoise de Paris, dont les membres sont arrivés il y a un siècle.
 
Conservatoire national des Arts-et- Métiers
280, rue Saint-Martin
Métro : Arts-et-Métiers
Le Conservatoire National des Arts et Métiers, communément abrégé CNAM, est une école d’enseignement supérieur et de recherche appliquée fondée par l’Abbé Grégoire. À l’intérieur, le réfectoire, construit en 1230 dans le style gothique, est un véritable joyau. Réfectoire de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs jusqu’en 1798, il abrite depuis lors la bibliothèque de l’histoire des sciences et des techniques. De nombreuses œuvres du laboratoire de Lavoisier se trouvent dans la grande salle, dont une statue de 1783.  
Dans la cour se trouve le Musée technologique et industriel qui dispose d’un amphithéâtre dédié à Painlevé, chercheur qui se consacra à l’analyse mathématique et à la recherche sur l’aérodynamique. Le long du mur de la rue Vaucanson figure une frise avec les noms du mathématicien Monge, inventer de la géométrie descriptive, du chimiste Berthollet, auteur de travaux sur le chlore, d’Oberkampf, créateur de la première manufacture de textiles imprimés et de la première filature de coton, du mathématicien et physicien Borda, du mathématicien et philosophe P. Le Roy et, bien sûr, de Lavoisier.
 
La grande tour ronde qui se trouve à l’angle de la rue Saint-Martin et de la rue du Vertbois a été construite vers 1140 et faisait partie de l’enceinte de l’abbaye médiévale. C’est grâce à l’intervention acharnée de Victor Hugo qu’elle ne fut pas détruite. Au square Émile-Chautemps, juste devant le Conservatoire, se trouve la belle fontaine des Arts et Métiers conçue par l’architecte Davioud. Elle est composée de deux bassins ovales en pierre ornés de trois statues en bronze représentant l’Agriculture, l’Industrie et la Musique. Entre les statues, des têtes de lions crachent de l’eau.
 
Saint-Nicolas-des-Champs – Au numéro 254 de la rue Saint-Martin se trouve une église qui abrite des œuvres d’art de grande valeur. Au-dessus de l’autel se trouve un précieux retable de l’Assomption du XVIIe siècle. Les voûtes de la chapelle sont magnifiquement peintes et l’une d’entre elles, celle des catéchistes, abrite le café Ozanam qui sert le petit-déjeuner aux sans-abris.
Sur le mur de l’ancienne sacristie, au numéro 4 de la rue Cunin-Gridaine, se trouve un cadran solaire datant de 1686. Une peinture très défraîchie représente l’évêque ainsi qu’une inscription où il est écrit : “Le soleil règle nos heures, Saint-Nicolas nos mœurs”.  
 
Musée des Arts-et-Métiers
60, Rue Réaumur
Métro : Arts-et-Métiers
En 1794, l’abbé Grégoire décida de créer, en même temps que l’école, un musée des sciences et de la technique. C’était le premier musée de ce type en Europe, un « dépôt de machines nouvelles et utiles », un lieu où les inventeurs venaient présenter leurs découvertes au public.

Dans la section de la technique appliquée à l’industrie on trouve de vieux poteaux télégraphiques avec des cloches en céramique, la machine de coulée continue de l’acier, de nombreux véhicules dont un vélocipède, un tricycle à vapeur, une montgolfière et une maquette de tramway. Dans une petite salle se trouvent des automates et dans les vitrines il y a des tableaux animés et des boîtes à musique.

Dans la section dédiée aux matériaux on peut voir de tout, du métier à tisser rudimentaire en bois au métier Jacquard avec les cartes perforées utilisées pour la chaîne. Dans la section dédiée aux communications, on trouve le premier système d’enregistrement d’images sous sa forme numérique originale, une presse à bras du XVIIIe siècle, le télégraphe de Chappe, le cinématographe de Lumière et l’électrophone Teppaz des années 1950.
Dans les salles consacrées aux instruments scientifiques, on trouve des rangées de sextants, de sabliers et de loupes. On y trouve aussi la machine à calculer inventée par Blaise Pascal, âgé de 17 ans, pour aider son père dans son travail de comptable.
Il y a un modèle réduit de la statue de la Liberté. Dans la chapelle de l’ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs se trouve le pendule de Foucault, au mouvement imperceptible, qui a été utilisé lors de l’exposition universelle de 1855. Au plafond de l’église est suspendu l’avion avec lequel Blériot a traversé la Manche en 1909.
 
Marché des Enfants- Rouges
39, Rue de Bretagne
Métro : Arts et Métiers
Dans ce quartier, le roi Henri IV voulait créer une place de France qui aurait été le point de départ des rues de Bretagne, du Poitou, de Saintonge, de Normandie, du Perche… Mais le projet ne s’est jamais réalisé. En revanche, celui de son épouse, la reine Margot, qui prévoyait la construction d’un orphelinat, fut réalisé et ouvrit en 1536.
L’institut est resté ouvert pendant deux siècles et les pensionnaires étaient appelés les Enfants Rouges en raison de leur uniforme qui était de cette couleur. Le marché situé juste à côté a été classé monument historique, pour le sauver de la spéculation immobilière et pour sauver la ville par la même occasion, étant donné qu’une voyante avait prédit que si ce marché disparaissait, Paris disparaîtrait aussi. À l’intérieur du marché, on trouve de nombreux petits restaurants.
 
Potager des Oiseaux - À côté du marché se trouve la rue des Oiseaux, qui s’appelait autrefois Cul-de-sac de Beauce, du nom d’une enseigne commerciale. La rue des Oiseaux est un espace partagé composé de nombreuses petites parcelles cultivées par les habitants. Ils ne sont pas autorisés à utiliser d’engrais chimiques ni de pesticides, mais uniquement des engrais naturels et des décoctions d’orties contre les parasites et les insectes nocifs. Chaque année, un petit festival y est organisé et les soirs d’été, on y vient pour prendre l’apéritif.
 
L’ange de Turbigo
57, Rue de Turbigo
Métro : Étienne Marcel, Arts et Métiers, Temple
En architecture, les cariatides sont des statues de femmes tandis que les atlantes sont des statues d’hommes. En général, elles sont au nombre de deux et servent de colonne pour soutenir un balcon ou une corniche. Mais ici il s’agit d’un ange aussi haut que les trois étages de la maison. C’est depuis 1860 que cette statue énigmatique, posée sur un globe, veille sur la ville. Ses ailes déployées soutiennent un balcon. Elle aurait été conçue à l’occasion d’un concours destiné à rompre la monotonie des façades haussmanniennes, mais on sait peu de choses sur cette œuvre et son auteur est également inconnu.   
L’ange de la rue Turbigo a donné son nom au titre d’un roman ésotérique et est apparu dans un film documentaire d’Agnès Varda.
 
Maison de Nicolas Flamel
51, Rue de Montmorency
Métro: Rambuteau, Arts et Métiers
Les lecteurs de Harry Potter connaissent bien le nom de l’alchimiste Nicolas Flamel, inventeur de la pierre philosophale, dont le bureau de notaire était situé à côté de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie. En réalité, Flamel était copiste et n’a jamais pratiqué l’alchimie. Avec sa femme, il aida les plus démunis grâce à son argent. Il fit construire des hôpitaux et mit ses propres maisons à disposition des sans-abris, à commencer par celle de la rue de Montmorency, datant du XVe siècle et connue sous le nom de Grand-Pignon. Les hôtes devaient réciter chaque jour un Pater Noster et un Ave Maria pour les pécheurs.
Une plaque de marbre située au-dessus des fenêtres et de la porte, le long de la façade sombre et austère, porte une inscription en vieux français : « Nous homes et femes laboureurs demourans ou porche de ceste maison qui fu faite en l’an de grâce mil quatre cens et sept : somes tenus chascun en droit soy dire tous les jours une paternostre et un ave maria en priant Dieu que sa grâce face pardon aus povres pescheurs trespasses, Amen. » Sur le côté figurent les initiales du propriétaire N.F. Aujourd’hui, la maison abrite le restaurant Auberge Nicolas Flamel, qui propose une cuisine française traditionnelle interprétée de manière moderne.
 
Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme
71, rue du Temple
Métro : Rambuteau ou Hôtel-de-Ville
La mairie de Paris décida de conserver le patrimoine artistique et culturel juif à l’Hôtel de Saint-Aignan. Les boiseries des salles de ce bel édifice du XVIIe siècle contribuent à mettre en valeur le raffinement et la complexité des objets qu’elles contiennent. Ce fut Isaac Strauss, fonctionnaire de l’administration de Louis-Philippe, qui acquit ces objets et créa la collection, reprise ensuite par le baron Rothschild et offerte à l’État. On y trouve des chandeliers, des coupes, des coffrets pour les rouleaux de la Torah, des manuscrits et des meubles du monde entier…

Le musée est consacré à l’histoire des Juifs en France et à leur intégration dans la société, de la Révolution au XXe siècle. On y trouve les archives de l’affaire Dreyfuss et d’autres documents historiques. Deux salles sont consacrées aux coutumes religieuses du Maghreb et du Moyen-Orient et à la célébration du shabbat juif. Des maquettes de synagogues de Pologne, d’Ukraine et de Lituanie sont exposées. Dans le grenier du bâtiment se trouvent des peintures orientales et d’autres objets qui soulignent la richesse des traditions artisanales. Sur le plan artistique, les œuvres d’artistes tels que Chagall et Soutine définissent une identité juive qui n’est plus exclusivement religieuse.
 
Église Sainte-Élisabeth de Hongrie – Au numéro 195 de la rue du Temple se trouve l’église Sainte-Élisabeth de Hongrie, dont la façade et la nef datent du milieu du XVIIe siècle, tandis que le reste est du XIXe. Parmi les éléments remarquables de l’intérieur, on trouve une série de cent bas-reliefs sculptés illustrant l’Ancien Testament, un splendide orgue de Suret et une Pietà du XVIe siècle. La seconde patronne de l’église est Notre-Dame-de-Pitié, tandis que la sainte titulaire est la princesse Élisabeth de Hongrie, née à Sarospatak en 1207 et entrée dans le Tiers-Ordre franciscain après être devenue veuve. Tout au long de sa vie, la princesse se consacra à des œuvres de charité, aidant les pauvres et les malades. Elle est représentée à plusieurs endroits de l’église, dans des peintures et des sculptures. L’église est très fréquentée par les Chinois qui vivent dans le quartier et les Chevaliers de Malte y tiennent leurs réunions.
 
Jardin Anne-Frank
Impasse Berthaud
Métro: Rambuteau
Au bout de l’impasse Berthaud se trouve l’ancien jardin de l’hôtel Saint-Aignan, qui abrite le musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Le jardin fut dédié à l’adolescente d’Amsterdam. En 2007, une opération très symbolique a eu lieu. En effet, un greffon du marronnier d’Inde qu’Anne Frank admirait depuis son grenier a été planté dans ce jardin pour perpétuer son souvenir. Le jardin est composé de différents espaces. Il y a des bancs au milieu des feuillages, des clématites qui grimpent aux branches des marronniers, des jeux pour les enfants et enfin un jardin composé de jonquilles et de clochettes, ainsi que de laitue et d’estragon.
  
Horloge à automates
8, rue Bernard-de-Clairvaux
Métro: Rambuteau
Le quartier de l’horloge est un ensemble de rues piétonnes qui donnent sur la place du Centre Pompidou. Au début de la rue Rambuteau se trouve une statue de Zadkine représentant Prométhée en fuite. Le quartier doit son nom à une étrange horloge appelée « Le Défenseur du temps » et réalisée par Jacques Monestier. Elle représente un chevalier moderne en laiton, armé d’une épée et protégé par un bouclier, en train d’affronter une chimère surgissant des rochers de façon menaçante. Il y a aussi un oiseau et un crabe, symboles du ciel et de la mer. Lorsque l’heure de la grande horloge sphérique adossée à la tour sonne, le chevalier engage un combat victorieux contre l’un ou l’autre des animaux et toutes les quatre heures, les trois créatures l’affrontent simultanément.
 
Archives nationales
Rue des Francs- Bourgeois, 60
Métro : Rambuteau, Hôtel-de-Ville
Depuis plus de deux siècles, les Archives nationales rassemblent des documents qui racontent l’histoire de la France de l’époque des Mérovingiens à la Seconde Guerre mondiale. Parmi les documents les plus anciens, très beaux à admirer, on trouve des traités, des lettres et des bulles pontificales. Tous les deux ou trois mois, les documents exposés sont changés, suivant une rotation bien précise. Les archives sont conservées d’une part à l’hôtel de Soubise, construit sous Charles V pour Olivier de Clisson et puis agrandi par les Rohan-Soubise au XVIIIe siècle, et d’autre part dans l’hôtel de Rohan, demeure construite par Delamair au début du XVIIIe siècle pour le cardinal Armand de Rohan. L’un des façades de la cour est ornée du célèbre bas-relief intitulé Les Chevaux du Soleil à l’abreuvoir.
 
Jardin de l’hôtel de CoulangesÀ la hauteur des numéros 35-37 de la rue des Francs-Bourgeois se trouve un bâtiment qui abrite le siège de la Maison de l’Europe, dont la mission est d’informer les Français sur tout ce qui concerne l’Union européenne. Après avoir traversé le hall et poussé une porte vitrée, en suivant les flèches, on accède à un agréable jardin avec une pelouse. On peut s’asseoir sur des bancs au milieu des petits arbres, à côté de plants de maïs et d’herbe. Il y a également une belle roseraie parfumée.
  
Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives
Métro: Rambuteau, Arts et Métiers  
Le musée de la Chasse et de la Nature, situé dans l’hôtel Guénégaud du XVIIe siècle et conçu par Mansart, l’architecte de Louis XIII, analyse la relation homme-animal et son évolution depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, l’animal passant du statut de menaçant à celui de menacé.
Dans les grandes salles et les petites pièces, de nombreuses peintures anciennes représentent notamment la faune sauvage des cinq continents. Les animaux de Rubens côtoient ceux de Jeff Koons et la louve de Rome côtoie le loup dévorant des agneaux… Il y a également de nombreux objets d’art – assiettes, vases, modèles en terre cuite – représentant des scènes de chasse. Dans les tiroirs de certaines armoires, on trouve des crânes d’animaux, des empreintes en plâtre et des excréments que le visiteur est invité à reconnaître… Il y a aussi des sujets et des matériaux issus de l’environnement marin.
Dans la salle des Trophées se trouve un sanglier albinos qui semble suivre le visiteur du regard ainsi que de nombreux autres animaux empaillés. La collection de fusils comprend de nombreuses crosses incrustées d’ivoire et de nacre, qui sont de véritables œuvres d’art.
 
Église Sainte-Croix de Paris des Arméniens
13, rue du Perche  
Métro: Rambuteau  
Avant 1970, l’église était dédiée à Saint François d’Assise. Aujourd’hui elle appartient à la communauté arménienne de Paris. On y trouve quelques sculptures en bois du XVIIIe siècle, mais la pièce la plus précieuse est la statue en marbre de saint François. Le saint est agenouillé et lève un visage transfiguré vers le ciel, en extase. L’œuvre a été exécutée en 1580 par Germain Pilon. Le dimanche, des concerts de musique sacrée ou de musique folklorique arménienne sont organisés dans l’église.
Fontaine des HaudriettesAu carrefour de la rue des Haudriettes et de la rue des Archives se trouve la belle fontaine monumentale réalisée par l’architecte Moreau-Desproux en 1770, quand la rue des Archives s’appelait encore rue du Chaume ou rue de la Stoppia. L’ouvrage est de forme trapézoïdale et la façade est ornée d’une fausse fenêtre surmontée d’un fronton triangulaire, soutenu par deux consoles ornées de guirlandes sculptées. Le bas-relief représente une naïade allongée et un mince filet d’eau sort de la tête d’un lion.
 
Impasse des Arbalétriers
Métro : Saint-Paul  
Cette charmante ruelle médiévale se trouve à la hauteur du numéro 38 de la rue des Francs-Bourgeois. Les Arbalétriers, qui lui ont donné son nom, étaient des soldats armés d’arbalètes qui empruntaient chaque jour cette rue pour aller s’entraîner dans un camp situé à proximité. Cette rue a également un lien étroit avec Jean Sans Peur, c’est-à-dire Louis d’Orléans, frère de roi Charles VI, qui fut assassiné à cet endroit même par les policiers du duc de Bourgogne.
Dans l’impasse se trouve le centre culturel suisse qui accueille souvent des expositions d’artistes suisses contemporains.
 
Musée Cognacq-Jay
8, Rue Elzévir
Métro : Saint-Paul, Chemin-Vert, Rambuteau
Les innovations apportées par les époux Ernest Cognacq et Marie-Louise Jay à leur magasin – étiquettes des prix bien visibles, possibilité d’essayer les vêtements – ont connu un tel succès qu’ils ont dû quitter leur modeste local initial pour s’installer dans le grand magasin connu sous le nom de Samaritaine. Ils décidèrent alors d’investir l’argent gagné dans l’achat de tableaux et d’objets d’art. La collection s’agrandit au fil du temps et fut installée dans les salles lambrissées aux plafonds à caissons peints de l’hôtel Donon.
 
Les magnifiques œuvres d’art du XVIIIe siècle donnent une vision idyllique et raffinée du siècle des Lumières et du monde de la galanterie maniérée et distinguée des aristocrates de l’époque. Elles sont le témoignage de l’art de vivre d’une époque précédant les bouleversements dramatiques de la Révolution. Il y a les sculptures d’enfants nus et joufflus se disputant des grappes de raisin, les nudités blanches peintes par Fragonard sur fond de scènes champêtres, les portraits de Boucher et de Quentin de la Tour, les statuettes de porcelaine de Meissen, les pièces de haute joaillerie, les tables aux pieds tournés et aux tiroirs secrets, les marqueteries d’Oeben et de Topino… Il y a des tableaux de Tiepolo et de Canaletto ainsi que des œuvres de jeunesse de Rembrandt.
 
Musée Carnavalet
23, Rue de Sévigné
Métro: St-Paul
En 1866, la mairie de Paris avait acheté l’hôtel Carnavalet, dont la façade est ornée de statues extraordinaires, pour en faire un musée avec des objets et des vestiges représentant la mémoire et l’histoire de la ville.  Plus d’une centaine de salles sont consacrées à l’histoire de la capitale: objets archéologiques, photos, gravures, portraits d’habitants célèbres, éléments architecturaux épargnés de la démolition, enseignes en fer forgé, meubles, pièces de monnaie, peintures… Cela va de la pirogue préhistorique au coffre Renaissance, en passant par les décors rococo et Art nouveau et les maquettes de maisons et de quartiers.
Il existe de nombreux objets liés à la Révolution. La prise de la Bastille est représentée non seulement dans des tableaux, mais aussi dans une sculpture réalisée à partir d’un bloc de pierre extrait de ses murs. Dans certaines vitrines, on trouve des pièces provenant de la prison du Temple: le couteau à palette de Louis XVI, ses soldats de plomb et la chaise à porteurs de Marie-Antoinette. Parmi les chambres d’écrivains reconstituées, il y a celle de Proust, tapissée de panneaux de liège.
Jardin de l’hôtel Carnavalet – Au numéro 16 de la rue des Francs-Bourgeois se trouve le beau jardin à la française du musée, avec ses buis nains admirablement taillés et ses parterres de fleurs formant des broderies avec leurs magnifiques variations de couleurs.
 
Musée Picasso
4, rue de Thorigny
Métro: St. Paul
Le musée est situé dans le Palais Salé du XVIIe siècle, qui appartenait au percepteur Aubert de Fontenay. Le palais est l’œuvre de l’architecte Boullier de Bourges. Il ne contient pas les œuvres les plus célèbres de l’artiste, qui se trouent plutôt dans les musées de Vallauris et d’Antibes, mais principalement ses œuvres de jeunesse. Il y a deux cent cinquante peintures, trois mille dessins, plusieurs sculptures et des collages. Sont également exposés, par rotation et par ordre chronologique, plusieurs manuscrits de l’artiste, ses photographies et des coupures de presse à son sujet. Il y a aussi sa collection personnelle avec des tableaux de Matisse et de Cézanne. Le musée accueille souvent des expositions temporaires et dispose d’une bibliothèque.
 
Buffet d’eau du jardin de l’hôtel SaléÀ la hauteur du numéro 101 de la rue des Coutures-Saint-Gervais se trouve l’entrée du jardin du musée. Le jardin est particulièrement beau de nuit, lorsque la façade du bâtiment peut être admirée derrière un buffet d’eau, un bassin en gradins qui crée un effet de cascade bien éclairé.

Temple de l’Humanité
Rue Payenne 5, 1° étage
Métro : Saint-Paul  
Le bâtiment de la rue Payenne est dédié à Auguste Comte, fondateur du positivisme. Cette philosophie préconise de ne croire qu’aux vérités obtenues par une méthode scientifique et dont la doctrine de base est l’agnosticisme relativiste. Le bâtiment avait été construit en 1642 par l‘architecte Mansart pour lui-même et a été acheté par l’église positiviste du Brésil au début du XXe siècle. Clotilde de Vaux, inspiratrice d’Auguste Comte, y vécut.
Sur la façade du Temple de l’Humanité, sous l’enseigne “Religion de l’Humanité”, on peut lire l’inscription “L’amour pour principe et l’ordre pour base, le progrès pour but”. À l’intérieur du bas-relief en forme d’arc brisé se trouve l’inscription « Vergine Madre, Figlia del tuo Figlio » (Vierge Mère, Fille de ton Fils). Au premier étage se trouve une chapelle qui est une copie à échelle réduite de celle imaginée par Comte, avec le calendrier positiviste niché dans des arcs adossés au mur. Sur l’autel, une allégorie symbolise l’Humanité tenant l’Avenir dans ses bras.
À la rue Clotilde de Vaux, dans le 11e arrondissement, un beau buste est dédié à cette femme, née Marie de Picquelmont, collaboratrice d’Auguste Comte dans la création de la religion de l’Humanité.

Institut suédois à l’Hôtel de Marle
11, Rue Payenne
Métro : Saint-Paul, Chemin Vert, Pont-Marie

Le Centre culturel suédois est l’unique en Europe. Il siège à l’hôtel de Marle, du nom du conseiller au parlement qui l’avait acheté en 1572. Il est dédié à la reine Christine de Suède, une femme très cultivée et aux idées modernes, qui avait également invité le philosophe Descartes dans son pays. En 1654, Christine abdiqua et elle commença dès lors à voyager à travers l’Europe. Après s’être convertie au catholicisme, elle décida de s’installer à Rome, où elle fonda l’Académie des Arcades, qui rassemblait de nombreux poètes.

L’hôtel de Marle fut acheté par le gouvernement suédois en 1965 et destiné à développer les échanges culturels et artistiques entre la France et la Suède. De nombreuses expositions, des concerts, des films, des pièces de théâtre, des conférences et des cours de langues sont proposés. Le bâtiment abrite également les six cents tableaux de l’Institut d’art du Tessin.
Jardin de l’hôtel de Marle – Le beau jardin classique abrite de nombreuses sculptures, pour la plupart contemporaines. L’une d’entre elles est dédiée au médecin et naturaliste suédois Linnaeus.
Le Café Suédois propose, outre le saumon mariné gravlax, de délicieuses brioches à la cannelle, des gâteaux et des soupes maison… Tous ceux qui le souhaitent peuvent prendre un livre à la bibliothèque et le lire dans le jardin.

Square Georges-Cain
8-14, rue Payenne
Métro : Chemin-Vert, Saint-Paul

Ce square bordé d’arbres est dédié à un artiste et écrivain qui fut également conservateur du musée Carnavalet. Il a été créé en 1913, à l’emplacement du jardin de l’hôtel Le Pelletier de Saint-Fargeau. Il abrite quelques vestiges archéologiques, dont un fronton représentant une allégorie de la Vérité provenant du palais des Tuileries et une rosace qui faisait partie de l’ancien Hôtel de Ville de Paris. Il y a neuf pierres, dont l’une porte l’inscription : « Sous Tibère César Auguste, les bateliers parisiens ont élevé cet autel à Jupiter, très bon, très grand ».  D’autres pierres, trouvées en 1711 sous le chœur de l’église Notre-Dame, ont confirmé que, sous Tibère, la corporation des bateliers de la Seine avait érigé sur les rives du fleuve un monument religieux dédié à Jupiter, surmonté d’une statue du dieu. On y trouve également quelques ruines de l’orangerie construite par Michel Le Pelletier en 1690.
La statue de femme provient des jardins de Saint-Cloud et est l’œuvre de Maillol. Elle représente le corps gracieux d’une jeune fille debout au milieu d’une roseraie et s’intitule Île-de-France.
Un gazouillis mystérieux – Ne cherchez pas dans les branches le rossignol que vous entendez chanter lorsque le vent se lève. Le son ne vient pas d’un oiseau, mais est produit par un engin électronique créé par Erik Samakh et activé par l’air. La programmation de son gazouillis est assurée par le musée Carnavalet.

Jardin de l’hôtel Saint-Gilles-Grand-Veneur
Rue des Arquebusiers, rue du Grand-Veneur
Métro : Chemin Vert

L’hôtel d’Ecquevilly est appelé « du Grand Veneur » car son propriétaire était capitaine général de la chasse pour le compte du roi. Son entrée se trouve au numéro 60 de la rue de Turenne. Il date du XVIIIe siècle et sa façade est ornée de bas-reliefs évoquant le jardinage : on y trouve un arrosoir, une faux et un râteau. Le jardin a été créé en 1988 et la partie la plus remarquable est la roseraie. On y trouve des roses de Provins utilisées pour les gâteaux et les confitures, des roses de Damas apportées en Europe par les croisés, puis des rosiers buissons et des rosiers grimpants, dans un désordre apparent. Il est agréable de se promener dans les allées et de s’enivrer de leur parfum ou de s’asseoir sur un banc, au soleil ou à l’ombre des érables, et de se laisser aller à la rêverie.

Hôtel de Cagliostro
Rue Saint Claude
Métro : St-Sébastien Froissart

On raconte que dans un immeuble situé au numéro 1 de la rue Saint Claude, près de l’église Saint-Denis du Saint-Sacrément, Giuseppe Balsame, dit Cagliostro, aurait vécu dès le début de l’année 1785. Le magicien et alchimiste était originaire de Palerme, mais avait voyagé dans toute l’Europe. Il s’était rendu à Londres, où il s’était lancé dans la contrefaçon de pièces de monnaie, puis à Paris, où il fascinait la cour de Louis XVI par ses dîners en compagnie des morts qu’il faisait parler.

Parmi les morts célèbres qu’il avait questionnés citons Voltaire, Montesquieu et Diderot. Ses pouvoirs d’hypnose avaient également fait de lui l’idole de la capitale. Malheureusement, la fortune lui tourna bien vite le dos lorsqu’éclata l’affaire du collier de la Reine.
Il n’y était pour rien, mais il fut tout de même emprisonné à la Bastille, jusqu’à être expulsé du pays. Rapatrié à Rome, il fut de nouveau arrêté et emprisonné à vie dans la forteresse de Saint-Léon. Alexandre Dumas fit une adaptation romanesque de ses péripéties.
Un Delacroix inconnu – Dans l’église Saint-Denis du Saint-Sacrement, située au numéro 68 de la rue de Turenne, se trouve une peinture sur toile de Delacroix représentant une Pietà. Elle a été peinte en 1844 et constitue une œuvre importante de l’artiste.

Fontaine Boucherat
Angle rue Charlot et rue de Turenne  
Métro : Filles-du-Calvaire  

La fontaine monumentale porte le nom du chancelier de Louis XIV, Boucherat. La rue de Turenne, qui a changé de nom par la suite, lui était autrefois dédiée. Sur les deux murs latéraux se trouvent une porte et une fenêtre, tandis que sur la façade principale se trouvent deux grands piliers disposés selon une ligne tracée sur le plâtre qui simule la jonction des pierres. Au-dessus de l’arcade de la niche se trouve la tête d’un animal marin aux longs cheveux et à la longue barbe, tandis que sous le fronton triangulaire se trouve un blason avec deux cornes d’abondance et une inscription qui dit « De même que l’heureuse paix conclue par le Roi Louis répandra l’abondance dans la ville de Paris, cette fontaine lui donnera ses eaux. » La paix mentionnée est celle de Ryswyck, signée par le roi en 1697.

Fontaine de Joyeuse – À la hauteur du numéro 41 de la rue de Turenne se trouve une fontaine réalisée par le sculpteur Isidore Boitel, nommée d’après le palais qui se trouvait à cet endroit. Elle est composée de deux piliers ioniques cannelés soutenant un entablement décoré des armoiries de la Ville. Dans la niche se trouve un bassin semi-circulaire surmonté d’un piédestal en marbre blanc, décoré d’hippocampes stylisés. Dans le bassin en forme de coquille, une sculpture en fonte représente un enfant en train de verser de l’eau d’une jarre symbolisant le canal de l’Ourcq. Dans le bas-relief rond de la voûte, au-dessus de la statue, des cygnes et des roseaux sont représentés.

Théâtre Libertaire de Paris Déjazet
Boulevard du Temple, 41
Métro : République

Le Théâtre Libertaire a une histoire intéressante. Construit en 1770 par l’architecte Bélanger pour Charles X, il était destiné au jeu de paume. Après avoir servi de café-concert, il accueillit des spectacles organisés par le mouvement anarchiste avant d’être racheté en 1859 par l’actrice Virginie Déjazet. L’intérieur est décoré de fresques amusantes, dans le style de Daumier, peintre et sculpteur français du XIXe siècle, précurseur de l’expressionnisme, qui peignait des scènes de la vie quotidienne et fustigeait de manière cinglante la société bourgeoise.

Le théâtre, dont l’entrée située à côté d’une Brasserie alsacienne est un peu cachée, accueille également des spectacles musicaux. Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion d’assister à une représentation dans cette salle si chargée d’histoire mais je garde un merveilleux souvenir de la fois où je m’y suis rendue pour demander des informations. C’était le matin et un très charmant monsieur (il me rappelait un peu Vittorio Gassman), vêtu d’une grande redingote de velours rouge s’approcha de moi et me parla avec gentillesse et ironie. Je ne sais pas si c’était un acteur, mais une chose est sûre, c’était un grand personnage !

La Corderie – Tout près, au numéro 14 de la rue de la Corderie, se trouvait en 1869 le siège de l’Association internationale des travailleurs, le “nouveau Parlement en habits d’ouvriers”. Le journaliste Vallès, fondateur du Cri du peuple et qui donna le signal de la Commune de Paris en février 1871, participa activement aux réunions. Il fut condamné à mort et dut se réfugier à Londres.
Le nom de « corderie » est dû au fait qu’au XVIIIe siècle, les immeubles donnant sur la petite place triangulaire au début de la rue étaient habités par des artisans qui fabriquaient des cordes.

 
Square du Temple
Rue du Temple, rue de Bretagne, rue Perrée, rue E. Spuller
Métro: Temple

Au Moyen-âge, la quasi-totalité du Marais appartenait à l’ordre des Templiers. Sur l’actuelle place de l’hôtel de ville se trouvait leur forteresse avec la Tour du Temple et le donjon qui pendant la Révolution devint la prison de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de leur fils. Le cœur de ce dernier, mort de la tuberculose le 8 juin 1795 après une captivité de plus de trois ans, fut déposé dans la crypte de la basilique Saint-Denis le 8 juin 2004. Chaque année, quelques habitants du quartier viennent déposer des fleurs blanches pour lui rendre hommage ainsi qu’à tous les enfants victimes de violences.
De l’aube au crépuscule - Sur la façade du numéro 18 de la rue Perrée adjacente, une série de bas-reliefs représente allégoriquement une journée entière. En haut, une aurore au milieu des nuages. Elle cède la place au soleil. En bas, c’est l’obscurité, une femme s’enveloppant d’un voile. Ses traits cachent ceux de l’auteur de l’œuvre, le sculpteur Rispal.

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