I Arrondissement - Parigi Controcorrente 2020

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Il constitue le plus ancien quartier de la capitale. On y trouve d’importantes institutions culturelles comme le Louvre, des sites historiques importants comme les Tuileries, l’église Saint-Eustache, la Sainte-Chapelle ou la Conciergerie sur l’Île de la Cité et une place extraordinaire comme la place Vendôme. L’arrondissement comprend la partie ouest de l’Île-de-la-Cité, reliée aux deux rives par pas moins de neuf ponts et coupée en deux par le boulevard du Palais, ainsi que le quartier des Halles, dont l’origine remonte au Moyen-âge. Au numéro 48 de la rue de Valois se trouve un bâtiment construit en 1781 par l’architecte Guiraud de Talairac qui, avec ses huit étages, a longtemps été considéré comme le plus haut de Paris. C’est pour cette raison qu’il a été surnommé le gratte-ciel de Louis XVI. L’architecte l’a également doté d’un escalier en colimaçon très original.
 
Même si aujourd’hui cette activité n’existe plus, le nom du quai de la Mégisserie (nom qui fait référence à l’industrie du cuir) rappelle qu’autrefois il y avait des tanneries et des élevages d’ovins et caprins. Aujourd’hui, le quai qui se trouve entre le pont au Change et le pont Neuf est connu pour ses pépiniéristes. Il est intéressant d’y faire une visite car dès que l’on franchit le seuil, on se retrouve plongé dans un monde exotique qui offre tout ce qu’il faut pour transformer sa maison en forêt tropicale. Pour ceux qui veulent, il est possible de ramener chez soi une plante carnivore ou un Tsillandia capitata aux feuilles rouges et aux fleurs violettes…
 
À Paris comme ailleurs, le patrimoine historique est menacé de démolition. Ainsi, le sort du très bel immeuble qui abritait le supermarché de la Samaritaine est incertain, vu que son propriétaire veut le démolir et le remplacer par un bâtiment moderne.

Musée du Louvre
99, rue de Rivoli
Métro: Palais-Royal, Musée-du-Louvre

Au Moyen-âge il y avait des forêts peuplées de loups là où se trouve aujourd’hui le bâtiment du musée. En effet, le mot Louvre vient du latin lupus et le bâtiment qui porte ce nom était à l’origine une forteresse. Charles V fut le premier à venir y habiter et il y installa une bibliothèque, tandis que François Ier le transforma dans un style Renaissance. Mais c’est Henri IV qui en fit l’une des résidences les plus imposantes et les plus majestueuses de France.
 
Le Louvre est un immense musée et nous nous limiterons donc à relever seulement quelques éléments. La statue équestre qui accueille le visiteur dans la cour de la pyramide est une copie d’une statue du Bernin, dont l’original se trouve à l’Orangerie de Versailles. Le monument a une curieuse histoire. Louis XIV avait commandé au Bernin une statue équestre dont la réalisation a duré 15 ans. Mais le roi ne fut pas satisfait et Girardon fut chargé de la modifier. Le sculpteur décida de la transformer en celle d’un ancien héros romain, Marcus Curtius, auquel il ajouta un casque sur la tête.  Cependant, il ne parvint pas à tout gâcher et le sens du mouvement ainsi que la torsion des formes, qui sont l’œuvre du Bernin, sont remarquables. Après avoir traversé l’espace lumineux sous la pyramide, appelé le hall Napoléon, et l’espace de l’imposante aile Richelieu, il est fascinant de voir les grandes sculptures de Pierre Puget ainsi que les imposants chevaux de Marly.
 
Dans la Grande Galerie se trouve le très beau portrait du poète, homme politique et diplomate Baldassarre Castiglione, qui pâtit malheureusement de sa proximité avec la Joconde de Léonard de Vinci. À propos de cette dernière, vous vous souvenez de l’histoire du vol ? Le matin du 22 août 1911, on s’aperçut que le tableau avait disparu. Le préfet Lépine pensait que le tableau se trouvait toujours à l’intérieur du musée, jugeant impossible de le dérober. Au contraire, quelqu’un avait bien réussi à l’emporter. Il s’agit de Vincenzo Peruggia, un ouvrier qui avait été chargé de placer une vitre devant le tableau pour le protéger. L’œuvre fut retrouvée deux ans plus tard à Florence.

Le portrait de Castiglione a été peint par Raphaël vers 1514 pour permettre à la famille du diplomate d’avoir son visage sous les yeux lors des absences prolongées que nécessitait son travail de diplomate. Le livre du Courtisan, dont Castiglione est l’auteur, est le résultat de ce travail et constitue un texte qui a circulé dans toutes les cours européennes au XVIe siècle.
 
Le long de la façade orientale du palais du Louvre se trouve la colonnade de Perrault dont l’histoire est étonnante. Après l’envoi de Napoléon à Sainte-Hélène et la reprise du pouvoir par Louis XVIII, on voulut effacer toute trace de l’effigie de l’Empereur sur les monuments de la capitale. Ainsi, le buste de Napoléon, qui se trouvait sur le fronton de la colonnade de Perrault, fut modifié et remplacé par celui de Louis XIV, le Roi Soleil. La couronne de laurier fut transformée en perruque et l’inscription figurant en-dessous fut également changée. Toutefois, l’aigle impérial et les abeilles, chers à Napoléon, sont toujours bien présents sur le bouclier de Minerve.
 
Les deux bâtiments latéraux, construits à la demande des frères Pereire pour créer des appartements de luxe et des boutiques chics, abritent aujourd’hui le Louvre des Antiquaires où sont vendus des objets d’art et du mobilier, des collections précieuses et des trésors de tous temps et de tous lieux.

Entre claires fontaines et pelouses verdoyantes – Le long de la perspective dessinée au XVIIe siècle par Le Nôtre se trouvent plusieurs bassins, dont celui situé au centre de la cour Carrée. Après avoir franchi le portique du pavillon de l’Horloge et atteint la cour Napoléon, on peut voir les jaillissements spectaculaires qui sortent des sept bassins triangulaires aux rebords de granit, autour de la pyramide de verre de Ming Pei. Peu après, dans le jardin des Tuileries, se trouve un grand bassin du XVIIe siècle avec à côté un bassin plus récent où se dresse une statue d’Apollon poursuivant Daphné. Il s’agit d’un moulage de l’œuvre de Coustou réalisée en 1797 qui est conservée au Louvre. Au bout du parcours se trouve un grand bassin octogonal.

Église Saint-Germain-L’Auxerrois
2, Place du Louvre
Métro : Louvre-Rivoli

L’église était l’église paroissiale des rois de France et date du VIIe siècle. Elle a été reconstruite au XIVe siècle, mais la tour romane, le portail, le chœur et la chapelle de la Vierge sont antérieurs. Le porche date du XVe siècle et les vitraux du XVIIe. Sainte Geneviève est représentée sur le portail central et les gargouilles sont ornées d’oiseaux, de chiens, de chats, de souris, d’ours, de loups, de griffons et d’autres bêtes monstrueuses.
À l’intérieur on trouve une belle sculpture en bois de Saint Germain, une sculpture en pierre de Saint Vincent et un beau retable sculpté. Dans la chapelle du Saint Sacrement se trouve une statue polychrome qui représente Sainte Marie l’Egyptienne, dont les cheveux descendent jusqu’aux genoux.
Le banc des marguilliers est merveilleusement sculpté, le buffet d’orgue provient de la Sainte Chapelle et le grand retable flamand du XVIe siècle est constitué d’un triptyque doré représentant la vie de la Vierge. Un autre retable en bois noirci se trouve dans la chapelle du Roi et contient les sculptures de treize scènes bibliques avec 95 personnages vêtus à la mode de l’époque, représentant presque une anthologie du costume flamand.
 
Parmi les personnages célèbres qui y sont inhumés on trouve Malherbe et Le Vau, ce qui valut à l’église le surnom de « Saint-Denis du génie et du talent ». Les artistes s’y réunissaient le premier dimanche de Carême pour recevoir les cendres et prier pour les défunts, selon la volonté du peintre Willette, comme l’explique la plaque apposée sur le sixième pilier à droite.
 
La sphère de la misère – En France, aux XVe et XVIe siècles, la boule aux rats symbolisait la Terre qui, comme la sphère mordue par les rats, était dévorée par la misère et menacée par les méchants. Sous la gargouille centrale de la façade de l’église il y en a une d’où semblent s’échapper des rats.
 
Mairie – À côté de l’église, au numéro 4, se trouve la mairie du XIXe siècle, dont la façade est symétrique à celle de l’édifice religieux. Le bâtiment est l’œuvre de l’architecte Hittorff. Entre les deux bâtiments il y a un clocher, œuvre de l’architecte Ballu, qui abrite toujours Marie, l’une des trois cloches qui, dans la nuit de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572, donna le signal du massacre des huguenots. Les trente-huit cloches que compte aujourd’hui la tour sonnent tous les quarts d’heure et, à certains moments, comme par exemple le mercredi à 13h30, elles jouent une mélodie spéciale pour commémorer ce triste événement.
 
La tour située entre la mairie et l’église n’est pas le clocher de cette dernière, bien qu’elle en ait l’apparence, mais fait partie de la mairie. Elle est l’œuvre de Théodore Ballu, mesure 38 mètres de haut et est composée de quatre étages, dont deux de plan carré et deux de plan octogonal. Elle abrite un carillon de 38 cloches qui a plus de 150 ans et qui est le plus vieux de Paris.
Dans la rue de l’Arbre-Sec, qui longe l’arrière de l’église, se trouve la fontaine de la Croix-du-Trahoir, haute de trois étages, avec des fenêtres et une balustrade au sommet. Construite en 1775 par Soufflot, elle alimentait autrefois le quartier en eau. Son nom vient du fait qu’il y avait devant elle un gibet où les criminels étaient exécutés en présence d’une croix.

Temple de l’Oratoire du Louvre  
4, rue de l’Oratoire
Métro: Louvre-Rivoli

Sous Louis XIII, cet édifice, commencé en 1621 d’après un projet de Le Mercier, était une chapelle royale. Elle fut le cadre du service funèbre de ce roi, puis de Louis XIV et de Louis XV. Bossuet, Massillon, Malebranche et Bourdaloue y ont prêché. À propos de ce dernier, on raconte que ses sermons étaient si longs que les fidèles avaient pris l’habitude de cacher un pot de chambre sous leurs jupes pour ne pas avoir à sortir, et c’est pour cette raison qu’on appela alors le pot bourdaloue. Par contre, lorsque celui-ci était plein, il valait mieux conclure.
Pendant la Révolution, la chapelle devint le siège d’un club d’insurgés, puis servit d’entrepôt militaire et enfin de dépôt pour les décors de l’Opéra. Dans l’abside se trouve une statue de l’amiral Coligny.

Musée de l’Orangerie
Jardin des Tuileries  
Métro: Concorde

Le musée de l’Orangerie, situé dans l’ancienne orangerie du Palais des Tuileries, abrite des œuvres de peintres impressionnistes et postimpressionnistes. On y trouve des toiles de Cézanne, Matisse, Modigliani, Picasso, Renoir, Rousseau, Utrillo et d’autres encore. Mais le chef-d’œuvre qui attire le plus de visiteurs est la frise panoramique de deux mètres de haut représentant les Nymphéas de Claude Monet. Elle est disposée dans deux salles elliptiques et les huit panneaux illustrent les déambulations de Monet à travers le jardin d’eau de sa résidence de Giverny. Les fleurs, les branches de saules et les reflets des nuages enveloppent littéralement le spectateur. Le 11 novembre 1918, au lendemain de l’armistice, Monet en fit don à l’État qui l’installa dans ce musée.
Au sous-sol de l’Orangerie, au pied d’un escalier monumental, se trouvent des peintures de Picasso, Derain, Matisse et Laurencin… On y trouve également les vestiges archéologiques de l’enceinte dite « des fossés jaunes » qui entourait les murs de la ville.

Arc de Triomphe du Carrousel
Place du Carrousel
Métro: Palais-Royal-Musée-du-Louvre

La place tient son nom du Grand Carrousel, un spectacle d’équitation qui s‘était déroulé les 5 et 6 juin 1662 en ce lieu à la demande de Louis XIV pour célébrer la naissance de son fils. En revanche, l’arc de triomphe a été construit sur ordre de Napoléon en 1808 et s’inspire des arcs de Constantin et de Septime Sévère à Rome. Il contient de nombreuses références à l’Antiquité et à l’Empire romain. À l’origine, le char à cheval de la basilique Saint-Marc de Venise, que Napoléon avait fait enlever en 1798 et envoyer en France, avait été placé au-dessus. Ce n’est qu’en 1815, après la défaite de Waterloo, que le quadrige de bronze a été récupéré et remis à sa place.
Puis, en 1828, un nouveau monument en bronze réalisé par François Joseph Bosio fut installé sur l’arc du Carrousel qui prit le nom de Quadrige de la Paix. Au sommet de l’arc se trouve également une statue représentant le sapeur de l’armée napoléonienne Dominique Gaye-Mariole, un géant de deux mètres qui aurait donné naissance à l’expression « faire le mariole ». Il était fort comme un taureau et, en 1807, alors que l’empereur passait ses troupes en revue, il se présenta devant lui avec un canon d’une trentaine de kilos sous le bras.
Les huit colonnes corinthiennes en granit rose de l’arc proviennent de l’ancien château de Meudon, détruit par un incendie. Les bas-reliefs représentent des événements de la vie de l’Empereur, comme la capitulation d’Ulm, l’entrée à Munich et à Vienne, la paix de Presbourg, la victoire d’Austerlitz et d’autres encore. Les sculptures rendent également hommage aux troupes militaires qui ont participé aux campagnes de Napoléon.

Aux quatre coins du pont du Carrousel se trouvent des obélisques verts constitués d’éléments qui s’emboîtent les uns dans les autres, comme les pièces d’un télescope. Chaque soir, grâce à un moteur électrique, ils s’élèvent de dix mètres. Cette solution a été adoptée en 1946 dans le but de ne pas obstruer la vue du Louvre pendant la journée.

Musée des Arts décoratifs
107, rue de Rivoli
Métro: Palais-Royal-Musée-du-Louvre, Tuileries, Pyramides

Le musée abrite des milliers d’œuvres créées au fil des siècles par d’habiles artisans. Il y a des panneaux marquetés, des buffets, des écritoires en acajou, le lit de la Valtesse de la Bigne datant du Second Empire, l’alcôve de Nana-la-courtisane, des lits à baldaquin, des meubles sculptés d’Eugène Grasset, des retables gothiques… Et puis il y a aussi les saucières rococo, les petits chevaux en céramique, les secrétaires, les couverts en argent ou encore les bibelots qui faisaient partie de l’ameublement des maisons bourgeoises au XXe siècle… Les amateurs de joyaux apprécieront la galerie des bijoux, aux murs noirs et aux parois de verre éclairées, conçue par l’architecte Ostinelli. À l’intérieur, boucles d’oreilles, colliers de diamants et sautoirs scintillent sous des faisceaux de lumière comme au fond d‘une grotte.
Citons encore les chapelets médiévaux, les couronnes royales, les émaux gothiques, les camées, les pierres sculptées, les scarabées et les Néfertiti du Premier Empire, les bijoux de la Belle Époque, les arabesques de l’Art nouveau et de l’Art déco… Parmi les plus beaux objets on trouve une broche en verre réalisée par Lalique pour une femme qui lui était très chère.
Ces dernières décennies, des artistes et des designers se sont amusés à désacraliser les bijoux et ce qu’ils ont représenté au cours des siècles. Parmi ces objets, citons un bracelet en plastique appelé « Spaghetti », créé par Gaetano Pesce, et un étui en or et en plexiglas dans lequel est enchâssé un mégot de cigarette, créé par Armani.
 
Mur des Matériaux et des Techniques – L’une des curiosités est de découvrir l’utilisation au fil du temps d’éléments originaux et parfois un peu macabres. On découvre par exemple qu’au XVIIe siècle, les femmes portaient des bijoux-souvenirs fabriqués à partir des cheveux tressés d’un être cher décédé.
L’aile Marsan, quant à elle, abrite du mobilier et des chaises de créateurs. Il y a la célèbre chaise longue de Charlotte Perriand avec sa structure en acier, des chaises colorées des années 1970 ainsi que d’originales chaises d’enfants… On trouve encore le lit colonne de Matali Crasset de l’an 2000 et la reconstitution de la chambre de Jeanne Lanvin dont le mobilier, les décorations et les boiseries la font revivre dans son contexte. À la fin de la visite, on peut s’installer dans l’un des confortables fauteuils design et suivre les films qui sont projetés.
 
Le secteur de la Mode et du Textile contient près de vingt mille costumes du XVIIe siècle et d’innombrables accessoires et coupes de tissus de qualité. Plusieurs créations de grands couturiers comme Balmain et Lacroix sont occasionnellement présentées lors d’expositions.

Le salon de thé Angelina – Au numéro 226 de la rue de Rivoli se trouve le salon de thé Angelina, un établissement ouvert en 1903 par le confiseur autrichien Rumpelmayer et où se retrouvait autrefois l’aristocratie. Aujourd’hui, c’est un lieu incontournable pour les amateurs du délicieux Mont-Blanc, meringue fourrée avec de la crème chantilly et des vermicelles de crème de marrons, ainsi que pour le chocolat chaud, baptisé l’Africain.
Sur la façade de la maison située à l’angle de la rue Bailleul et de la rue de l’Arbre-Sec, deux lys, symbole de la monarchie, sont gravés au-dessus des lettres majuscules SG. Ces lettres servaient de référence lors des recensements des rues.

Jardin des Tuileries
Métro: Concorde, Palais Royal, Tuileries

Il est presque indispensable de commencer une visite de Paris par ce jardin royal, créé en 1564 par Catherine de Médicis. Il est très agréable de s’y promener, de s’asseoir sur l’un des bancs vert foncé pour lire, discuter et regarder autour de soi... Ce fut le premier jardin de Paris à être ouvert au public sur décision de Louis XIV, même s’il n’était pas vraiment ouvert à tous : les mendiants, les serviteurs et les soldats, par exemple, ne pouvaient pas y entrer.
Le parc compte près de trois mille arbres dont certains sont rares. Les mûriers blancs, qui bordent la terrasse des Feuillants – nom donné aux membres d’un club composé d’éléments modérés, partisans d’une monarchie constitutionnelle – ont des feuilles de formes différentes même sur une même branche et sont les seuls à subsister sur les vingt mille plantés en 1600 sur ordre d’Henri IV. On s’était alors rendu compte que l’élevage des vers à soie et la production de soie en France coûtaient moins cher que l’achat à l’étranger.

Le chêne qui se trouve au centre d’une allée, entouré de bancs en demi-cercle, a été planté en 1989. Pendant la Révolution, de nombreux chênes avaient été plantés pour symboliser l’idéal de liberté, mais à la Restauration, ils avaient tous été abattus. Près du grand bassin octogonal se trouve la statue d’un homme barbu allongé à côté d’un crocodile et d’un sphinx tenant une corne plein de fruits. C’est une œuvre réalisée en 1692 par Lorenzo Ottone qui s’inspire de l’Egypte. On y trouve également les bustes de Maillol et de Charles Perrault, ce dernier au milieu d’une ronde d’enfants. À côté du Grand Carré se trouve un fossé à peine visible, qui autrefois délimitait l’espace réservé aux rois.

Racines italiennes – Le tronc sec, rugueux et déraciné qui gît dans le bosquet près de la terrasse du Bord-de-l ’Eau, au milieu des hellébores et des pervenches, est une sculpture en bronze intitulée L’Arbre des Voyelles. Réalisée en 1999 par Giuseppe Penone, elle a été placée ici peu après la terrible tempête qui avait abattu de nombreux arbres dans les parcs de la capitale. Dans les jours qui ont suivi la catastrophe, de nombreux visiteurs ont cru à tort qu’il s’agissait d’un véritable tronc. Des voyelles sont gravées sur les racines et correspondent à un arbre. Ainsi, un if, un frêne, un aulne, un peuplier et un chêne dédiés à des divinités ont été plantés.

Place de la Concorde
Métro: Concorde

Au XVIIIe siècle, cette place comptait huit ponts qui enjambaient les fossés d’irrigation des jardins situés en bordure. Aujourd’hui, il ne reste que les balustrades et les huit guérites qui les bordaient. Jusqu’en 1792, la place portait le nom de Louis XV et il y avait une statue équestre à son effigie. Elle devint ensuite place de la Révolution, nom qu’elle porte aujourd’hui. En 1793, plusieurs figures sont tombées à cet endroit. Louis XVI, Marie-Antoinette, Charlotte Corday, Danton, Robespierre et d’autres encore y furent exécutés. Le roi Louis Philippe décida d’en faire un espace partagé plutôt que commémoratif. Il y fit placer l’obélisque de Louxor, tandis que des statues allégoriques de huit villes françaises furent placées sur des petits pavillons. Deux fontaines monumentales de neuf mètres de haut évoquent la navigation maritime et fluviale.
 
Malheureusement, le passage important des voitures empêche d’apprécier les trésors de la place. Parmi ceux-ci les réverbères, ces lampadaires à colonnes rostrales. Les façades monumentales à arcades des palais qui lui font face sont inspirées de la colonnade du Louvre et ont été conçues par l’architecte Gabriel. Ces dernières années, la place a été le théâtre d’événements et de festivités, notamment à l’occasion de l’élection de Chirac et de Sarkozy, C’est également sur cette place que se termine le défilé annuel du 14 juillet.

Église de Notre-Dame de l’Assomption
4, place Maurice Barrès et 263bis rue Saint-Honoré
Métro: Concorde, Madeleine

C’était autrefois la chapelle du couvent des Filles de l’Assomption. En 1834, les obsèques de la Fayette y furent célébrées et en 1842 celles de Stendhal. Depuis 1850, elle est l’église des Polonais de Paris.
La fresque de la coupole représente l’Assomption de la Vierge et a été peinte en 1676 par Lafosse. Les peintures représentant Saint Germain l’Auxerrois et Sainte Geneviève sont remarquables.
Dans la crypte du XVIIe siècle se trouve le restaurant Crypte Polska, géré par la Mission catholique polonaise qui sert du goulasch et des desserts à base de fromage et cannelle, typiques de la cuisine traditionnelle.
Il constitue le plus ancien quartier de la capitale. On y trouve d’importantes institutions culturelles comme le Louvre, des sites historiques importants comme les Tuileries, l’église Saint-Eustache, la Sainte-Chapelle ou la Conciergerie sur l’Île de la Cité et une place extraordinaire comme la place Vendôme. L’arrondissement comprend la partie ouest de l’Île-de-la-Cité, reliée aux deux rives par pas moins de neuf ponts et coupée en deux par le boulevard du Palais, ainsi que le quartier des Halles, dont l’origine remonte au Moyen-âge. Au numéro 48 de la rue de Valois se trouve un bâtiment construit en 1781 par l’architecte Guiraud de Talairac qui, avec ses huit étages, a longtemps été considéré comme le plus haut de Paris. C’est pour cette raison qu’il a été surnommé le gratte-ciel de Louis XVI. L’architecte l’a également doté d’un escalier en colimaçon très original.
Même si aujourd’hui cette activité n’existe plus, le nom du quai de la Mégisserie (nom qui fait référence à l’industrie du cuir) rappelle qu’autrefois il y avait des tanneries et des élevages d’ovins et caprins. Aujourd’hui, le quai qui se trouve entre le pont au Change et le pont Neuf est connu pour ses pépiniéristes. Il est intéressant d’y faire une visite car dès que l’on franchit le seuil, on se retrouve plongé dans un monde exotique qui offre tout ce qu’il faut pour transformer sa maison en forêt tropicale. Pour ceux qui veulent, il est possible de ramener chez soi une plante carnivore ou un Tsillandia capitata aux feuilles rouges et aux fleurs violettes…

Place Vendôme
Métro: Tuileries, Madeleine
C’est le salon de Paris, synonyme de luxe et de prestige. La place a été imaginée comme telle par le marquis de Louvois, puis en 1685 l’architecte Mansard a dessiné sa forme rectangulaire, bordée d’élégants immeubles à arcades. Sous l’Ancien régime, c’était le lieu de résidence des grands banquiers et des palais des ambassades. Aujourd’hui on y trouve les boutiques des grands joailliers, l’hôtel Ritz et le ministère de la Justice.  
 
En 1806, à l’emplacement de l’ancienne statue équestre de Louis XIV, Napoléon décida de faire installer une colonne inspirée de la colonne Trajane de Rome. Le monument est l’œuvre des architectes Lepère et Gondouin et plus de mille canons provenant du champ de bataille ont été coulés pour le réaliser. Les bas-reliefs sont l’œuvre de Bergeret et représentent l’arrivée de l’empereur à Strasbourg, les batailles de Werigen et d’Elchingen, son entrée à Vienne, sa victoire à Austerlitz, sa rencontre avec les autres empereurs e son retour triomphal à Paris. Au sommet de la colonne se trouve une statue de Napoléon en costume d’empereur romain, avec une couronne de laurier sur la tête, une épée dans la main gauche et un globe terrestre avec la Victoire ailée dans la main droite.  
 
À l’intérieur de la colonne, 176 marches s’élèvent en spirale. Sous la Commune, le peintre Courbet avait fait descendre la colonne par un système de cordes, mais la Troisième République la fit remettre en place, aux frais de Courbet. Le peintre fut complètement ruiné suite à cette décision.
 
Les balcons des immeubles donnant sur la place sont en fer forgé ciselé et sont très beaux. On peut en observer les détails avec des jumelles.
 
Au numéro 13 de la place Vendôme, à gauche du ministère de la Justice, on peut voir les centimètres gravés dans le marbre en 1795 pour familiariser les habitants avec le nouveau système de mesure décimal.
 
Place des Pyramides – En 1802, Bonaparte avait fait ouvrir la rue de Rivoli afin de doter la capitale d’une liaison est – ouest. Parallèlement, il fit ouvrir la rue des Pyramides pour commémorer sa victoire en Égypte le 21 juillet 1798. Le tracé prévoyait la traversée du quartier des Tuileries et comme l’espace était grand, on y créa également une place qui reçut le même nom. Depuis 1874, la place, qui jouxte la précédente à l’ouest, est ornée de la statue en bronze doré de Jeanne d’Arc, devant laquelle se déroule chaque année, le 1er mai, une cérémonie en l’honneur de la Pucelle d’Orléans, qui incarne aujourd’hui l’identité nationale.
 
 
Marché St. Honoré
Métro: Pyramides
Sur le site d’un monastère construit par Marie de Médicis au XVIIe siècle se trouve aujourd’hui un bâtiment de verre et d’acier, construit par l’architecte espagnol Bofill. Il abrite plusieurs boutiques et s’inscrit dans la tradition des passages couverts d’autrefois. Le soir, grâce à l’éclairage, le bâtiment et la place sont magiques. Au numéro 45 de la rue Saint-Roch, toute proche, se trouve la Mutuelle des Cuisiniers de France, construite en 1917 par Bruno Pélissier qui servait de société de secours mutuel. La façade verte est très belle.           
 
Au numéro 1 de la rue Gomboust, la rue qui borde la place du marché au nord, se trouve une coquille dorée qui se détache sur un fond rouge foncé. C’était un repère pour les pèlerins qui se rendaient à Rome ou à Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle signifiait qu’il y avait à cet endroit une auberge où ils pouvaient s’arrêter pour la nuit.  

Église de Saint-Roch
296 rue Saint-Honoré
Métro: Tuileries, Pyramides
Ce fut Louis XIV qui posa la première pierre de cette église en 1653. Aujourd’hui, c’est l’église des artistes, des écrivains et des gens du spectacle, pour lesquels une messe est célébrée tous les vendredis à 12h30. La façade, conçue par Robert de Cotte, présente un fronton triangulaire, des niches et des colonnes sur deux niveaux. À l’intérieur, les chapelles se succèdent et derrière le chœur se trouve la chapelle de la Vierge construite par Mansart. Un déambulatoire mène aux chapelles de la Communion et du Calvaire. Parmi les œuvres de valeur, on peut citer les peintures du XVIIIe siècle de la Prédication de Saint-Denis par Vien et du Miracle des Ardents par Doyen ainsi qu’une sculpture du Baptême de Jésus. De nombreux concerts sont organisés dans l’église car son acoustique est excellente.
 
Devant l’atrium, au numéro 296 de la rue Saint-Honoré, se trouve un vestige du passé, à savoir un décrottoir.
 
Palais Royal
Place du Palais Royal  
Métro : Palais Royal- Musée du Louvre
À l’origine, l’immense palais appartenait à Richelieu et c’est pour cette raison qu’il s’appelait Palais Cardinal. À sa mort, en 1642, il le céda à la Couronne et depuis qu’Anne d’Autriche y résida avec le jeune roi Louis XIV, l’édifice prit le nom de « royal ».
 
En 1692, le roi le donna à la famille d’Orléans. En 1780, Philippe IV d’Orléans, futur Philippe Égalité, fit construire dans le jardin des bâtiments à louer pour rembourser ses propres dettes. Des commerces et même des activités illégales s’y sont installées, profitant de l’impossibilité pour la police d’y entrer.  
 
Pendant la Révolution, Danton et Robespierre se rencontraient au premier étage, au-dessus du restaurant Grand Véfour, tandis que dans la cour le jeune avocat Desmoulins incitait les clients du Café de Foy à la révolte.
 
Plus tard, des salons littéraires se sont ouverts, fréquentés par Lamartine et Sainte-Beuve, mais on y trouvait toujours les prostituées et les tripots décrits par Balzac. Plus tard, le palais devint propriété de l’État et abrite aujourd’hui le Conseil d’État, le Conseil constitutionnel et le Ministère de la culture.
 
Outre le restaurant du Palais Royal, dont les tables sont à l’extérieur, le restaurant du Grand Véfour et le Café de l’Époque, qui a conservé ses miroirs et ses lustres des années trente, on y trouve des antiquaires et des marchands de tableaux.  
 
Jardins du Palais-Royal
6, Rue de Montpensier
Métro : Palais Royal-Musée du Louvre
Le jardin compte de nombreux tilleuls et marronniers d’Inde à l’ombre desquels, à la belle saison, il est agréable de s’asseoir et d’écouter le chant des hirondelles qui égayent le jardin. Il y a de confortables chaises en fer vert foncé que l’on peut déplacer librement ou des bancs en pierre. Parmi les statues de marbre, les plus étonnantes sont celle d’un charmeur de serpents et celle d’un berger avec sa chèvre. Il y a aussi deux fontaines, celle circulaire au centre d’un écrin de verdure plein de roses et celle carrée appelée Sphérades, avec au centre de grosses boules mobiles en acier inoxydable.
 
Colonnes de Buren – Les colonnes de Buren tronquées aux rayures blanches et noires manquent d’eau depuis longtemps et on a oublié qu’à l’origine elles faisaient partie d’une fontaine. En 1986 elles avaient suscité de vives polémiques. Il y avait eu des pétitions et des articles et Chirac avait ordonné l’arrêt des travaux. Le ministre de la culture avait proposé leur destruction mais finalement l’artiste a eu gain de cause et ses colonnes tronquées sont toujours en place.  
 
Place du Palais Royal
Métro : Palais Royal-Musée du Louvre
La place, qui tient son nom du palais royal, a connu un premier réaménagement en 1648, avec l’élargissement de la rue Saint-Honoré et la démolition du palais Sillery. En 1719, un château d’eau fut construit côté sud. La somptueuse façade était l’œuvre de l’architecte du roi Robert de Cotte et elle était ornée d’une fontaine décorée de statues de Coustou. En 1854, la place a été agrandie et des immeubles ont été construits sur les côtés est et ouest avec des arcades en continuité avec celles de la rue de Rivoli, alors en construction.  
 
Eau et gaz à tous les étages – Il nous est facile aujourd’hui d’ouvrir le robinet et de voir couler l’eau ou de tourner le bouton de la cuisinière et d’allumer le gaz… nous ne pensons jamais que ce n’est que depuis la seconde moitié du XIXe siècle que cela est possible. Dès lors, une plaque bleue était apposée sur la façade des bâtiments qui offraient cette possibilité. Certaines de ces plaques sont encore visibles aujourd’hui. Dans un immeuble du passage des Deux-Pavillons, situé en diagonale, au nord-est du Palais Royal, on trouve même encore une fontaine au pied de l’escalier, dans laquelle les locataires puisaient l’eau avant qu’elle ne soit acheminée dans les étages.  
 
Canon du Palais-Royal
Jardins du Palais-Royal
Métro: Louvre-Palais Royal
Autrefois, il y avait ici un petit canon chargé de poudre, placé sous une lentille convergente. C’était Monsieur Rousseau, propriétaire d’une horlogerie située au numéro 95 de la Galerie du Beaujolais, qui l’avait placé là en 1786, sur le méridien de Paris. Lorsque le soleil était au zénith, les rayons se concentraient sur la lentille et provoquaient une détonation si précise qu’il était possible de régler sa montre.
 
À cette époque, le palais, légué au roi par Richelieu, était un lieu de prostitution et de jeu de hasard, où la police ne pouvait pas entrer. Et l’abbé Delisle, qui avait à redire sur les mœurs dissolues à l’intérieur du palais, mais rien à redire sur la précision du mécanisme, écrivit : “… Si l’on y dérègle ses mœurs / Du moins l’on y règle sa montre.”
 
Le petit canon a fonctionné jusqu’en 1998, année où il a été volé. Celui d’aujourd’hui, fixé à un pilier, est une copie qui ne se déclenche plus.
 
Musée de la Comédie-Française
Place Colette
Métro: Palais-Royal-Musée du Louvre
La Comédie a été fondée en 1680 par Louis XIV et sa devise était « Simul et singulis », c’est-à-dire être ensemble et rester soi-même. Aujourd’hui, le théâtre propose neuf cents représentations par an. À l’entrée du musée se trouve le portrait de François-Joseph Talma, l’acteur qui avait complètement révolutionné la vision du port des costumes. Le long de l’escalier et de la galerie se trouvent les bustes de Molière, Corneille et Racine que les acteurs superstitieux caressent avant d’entrer sur scène. Il y a aussi le portrait de Sarah Bernhardt et dans le Grand Foyer se trouve le fauteuil roulant sur lequel, le 17 février 1673, Molière eut un malaise lorsqu’il jouait le Malade imaginaire, malaise qui le conduisit à la mort quelques heures plus tard. Sa montre est conservée au foyer des Artistes. Le dimanche matin, des visites de groupes permettent de pénétrer dans les coulisses et de visiter les labyrinthes et les lieux habituellement inaccessibles au public.
 
Place Colette – La petite place où se trouve la Comédie Française a été dédiée à Colette en 1966. L’écrivaine a vécu dans un logement situé au nord du Palais Royal. La place Colette est contiguë à la place André-Malraux. En 1874, le préfet Haussmann fit placer sur cette place deux fontaines monumentales créées par Davioud. Celle située du côté de la rue de Richelieu est ornée d’une Nymphe fluviale et celle située à l’angle de la rue Saint-Honoré est ornée d’une Nymphe marine. Toutes deux ont à leur base une ronde d’enfants sculptée dans la pierre.
 
Dans la rue Molière, toute proche, une fontaine du XIXe siècle rend hommage au grand acteur. Construite par Visconti, elle abrite dans une alcôve une grande statue en bronze du dramaturge dans une attitude méditative. De chaque côté se trouvent les allégories de la Comédie sérieuse et de la Comédie légère qui tiennent des rouleaux où figure la liste des œuvres de Molière. Ce monument commémoratif a été le premier à être dédié à quelqu’un qui ne fut par roi.

La Galerie Dorée de la Banque de France
3, Rue de la Vrillière
Métro: Palais-Royal-Musée du Louvre
Dans la première moitié du XVIIe siècle, il était de bon ton pour les riches aristocrates de posséder une galerie où ils pouvaient exposer leurs collections de tableaux et d’œuvres d’art. La Vrillière, ministre de Louis XIII, qui avait demandé à l’architecte Mansart de lui construire un palais, en fit autant. Pour sa galerie, il s’inspira de la Farnèse à Rome et confia la décoration à François Terrier. Le plafond représentait le ciel, avec une allégorie du soleil et des quatre éléments, et sur les murs sont exposés des tableaux de Le Guerchin, Guido Reni, Pierre de Cortone, Maratta et Poussin. Lorsque l’hôtel passa aux mains du comte de Toulouse, Robert de Cotte recouvrit les parois d’une doublure dorée, d’après l’esprit baroque, ce qui valut à la galerie le nom de « Galerie Dorée ».
 
Puis, pendant la Révolution, le bâtiment devint le siège de l’Imprimerie nationale et dans la galerie se trouvait l’entrepôt de papier. Les tableaux ont été dispersés dans divers musées et le drapeau tricolore a été placé dans les espaces vacants.
 
Depuis 1811, le bâtiment abrite la Banque de France et, lors de la rénovation, la galerie a repris les couleurs vert et or qu’elle arbore encore aujourd’hui. Ce n’est pas un musée, mais un lieu où se tiennent les réunions de la banque. Il peut être visité le samedi matin en groupe, sur réservation.
 
Musée en Herbe – Au numéro 23 de la rue de l’Arbre Sec se trouve un musée pour enfants. Dans une ambiance féerique, des parcours ludiques sont présentés sur des thèmes artistiques ou scientifiques, dans le but de développer la curiosité et la sensibilité des plus petits. Des expositions et des ateliers d’arts plastiques ainsi que des jeux d’observation leur permettent de découvrir autrement les œuvres et les objets exposés. Des livrets-jeu guident les participants tout au long des parcours organisés et des ateliers sont proposés pour les impliquer davantage…

Bourse de Commerce
Rue de Viarmes
Métro: Châtelet ou Louvre
À l’emplacement de l’actuel bâtiment de la Bourse se trouvait en 1572 la résidence de Catherine de Médicis, résidence qui passa ensuite au comte de Soissons puis à Thomas de Savoie, avant d’être détruite. En 1793, le prévôt des marchands y fit construire un entrepôt de blé et de farine, en forme circulaire, avec vingt-cinq arches et un dôme en bois. En 1889, il fut remplacé par la Bourse de Commerce. Les murs ont été décorés de fresques de Mazerolle, Luminais, Laugée, Clairin et Lucas, dont les peintures couvraient 1500 mètres carrés. Elles retracent l’histoire des échanges entre les continents et célèbrent les progrès techniques apportés par le chemin de fer et l’électricité. Aujourd’hui, le bâtiment abrite les bureaux de la Chambre de commerce et d’industrie, et des expositions y sont souvent organisées.  
 
Baromètre anéroïde – On trouve dans la ville divers instruments de mesure, notamment des échelles qui mesurent le niveau de l’eau et des mètres. Sous la coupole de la Bourse se trouve un baromètre anéroïde. Il s’agit d’un baromètre en métal avec à l’intérieur un cadre représentant une couronne de laurier ornée de fleurs et de fruits. Le baromètre date de 1889 et a la particularité de pouvoir être lu dans les deux sens.

Colonne astrologique
Rue de Viarmes
Métro: Châtelet ou Louvre
La colonne de 31 mètres qui se dresse à côté du palais de la Bourse est appelée tour astrologique ou colonne Médicis. Ce fut en effet la reine Catherine de Médicis, épouse d’Henri IV, qui la fit ériger en 1574 pour que son astrologue Côme Ruggieri puisse étudier les étoiles depuis son sommet. La mort de ce dernier, survenue en 1615, rendit la colonne inutile. À l’origine, elle faisait partie du palais de la reine, qui a été détruit depuis, et la cage de fer au sommet était vitrée. Elle n’est pas ouverte au public, même si les cent quarante-sept marches de l’escalier à vis sont encore praticables sans danger.
 
Cadran solaire – Sur une façade intérieure du palais Dupin, au numéro 68 de la rue Jean-Jacques Rousseau toute proche, se trouve un cadran solaire avec les chiffres disposés sur une scène avec un rideau de part et d’autre. Le philosophe Rousseau, secrétaire du propriétaire de l’immeuble, venait y travailler. Aurait-t-il consulté ce cadran solaire ?

Art contemporain à l’Aftersquat
59, rue de Rivoli
Métro: Châtelet
De nombreux peintres, céramistes, dessinateurs, sculpteurs et photographes français ainsi que des artistes qui pratiquent le street art avec ou sans pochoirs et qui travaillent le plastique, ont choisi des quartiers de banlieue pour ouvrir leurs ateliers. Leur choix s’est porté, par exemple, sur Belleville, sur la rive nord du Canal Saint Martin, sur la Butte-aux-Cailles… Certaines associations, comme celle des Lézarts de la Bièvre, organisent également des journées portes ouvertes dans leurs ateliers.

Le collectif Aftersquat – littéralement « après l’occupation » - est installé depuis plusieurs années dans le centre-ville et accueille de nombreux visiteurs. Sur la façade, des sculptures bizarres et des tissus colorés attirent l’attention et constituent une vitrine pour les œuvres qui se trouvent à l’intérieur. La permanence de ces artistes, qui étaient à l’origine des squatters qui occupaient le bâtiment, a été officialisée et acceptée.
 
Vestiges du passé – Avant l’arrivée de l’électricité, les numéros de maison étaient marqués sur des vitres bleues derrière lesquelles se trouvait une petite flamme de gaz, ce qui permettait de les voir aussi de nuit. Un robinet placé en-dessous permettait de régler la puissance. Aujourd’hui bien sûr que ces lumières ne fonctionnent plus mais on peut encore les voir sur les façades des maisons des quartiers centraux. Au numéro 70 de la rue Rivoli, il y en a une dont la forme est différente. Normalement, les vitres sont triangulaires, mais celle-ci est carrée, adossée au mur et unique en son genre.

Musée du Barreau
25 rue du Jour
Métro: Les Halles
Le musée du tribunal, du barreau ou encore « de la barre » au sens de la cloison qui, dans les salles d’audience sépare les juges des accusés, est un musée très intéressant. Il abrite de nombreux documents originaux relatifs à des affaires célèbres dont, par exemple, celle de la désignation du défenseur de Marie-Antoinette, qui avait vainement tenté de lui sauver la vie. Parmi ceux de l’affaire Dreyfus, outre les photos des séances du procès prises par Émile Zola, on trouve la péroraison de son avocat, les examens graphologiques de l’écriture d’Esterhazy et de Dreyfus, l’article de Zola paru dans l’Aurore intitulé « J’accuse ». Il y a aussi une pétition signée par Paul Valéry, Mauriac, Camus, Paul Claudel et Colette, adressée au général De Gaulle, pour obtenir la grâce de Brasillach.
 
Une vitrine est complètement consacrée à Gambetta et une autre présente l’une des dernières lettres écrites par le maréchal Pétain depuis l’île d’Yeu en juin 1949.
 
À côté du musée, au numéro 9 de la rue du Jour, se trouve la mercerie La Droguerie, qui constitue un point de référence important pour ceux qui souhaitent personnaliser un vêtement avec un ornement original. On y trouve des milliers de boutons et de perles, des kilomètres de rubans et des myriades de pelotes de laine et de coton ainsi que des bobines de fil de couleur…

Église Saint-Eustache
2, rue du Jour
Métro: Les Halles
D’après la légende, Saint Eustache, alors qu’il s’appelait encore Placidas et qu’il était officier dans l’armée romaine à l’époque de l’empereur Trajan, avait un jour vu une croix lumineuse apparaître entre les bois du cerf qu’il chassait. La scène est représentée au-dessus du portail sud de l’église. La vision de la croix surmontée de la figure du Christ demandant à Placidas pourquoi il le persécute l’amena à se convertir au christianisme.
 
En 1532, sous François Ier, une église de style Renaissance fut construite avec une nef très haute. En 1667, Colbert fit ajouter deux chapelles et quatre-vingts ans plus tard, le duc de Chartres posa la première pierre du portail de Mansart, encore inachevé. Sous la Révolution, l’église fut transformée en temple de l’Agriculture.  

Le magnifique mausolée de Colbert, conçu par Le Brun, impressionne par sa finesse et sa sensibilité. Le ministre y est représenté en position de prière, avec à ses côtés les statues de la Fidélité et de l’Abondance. Parmi les peintures les plus remarquables de l’église, citons Les Pèlerins d’Emmaüs de Rubens, le Martyre de saint Eustache de Simon Vouet ainsi que Tobi et l’Ange du Florentin Santi di Tito. On y trouve également un tableau de Luca Giordano et l’Extase de la Madeleine de Rutilio Manetti.
 
Molière, Richelieu et Madame de Pompadour furent baptisés dans cette église. Le futur roi Louis XIV y fit sa première communion et les funérailles de La Fontaine y furent célébrées. L’église est connue pour son grand orgue et son acoustique parfaite, raison pour laquelle des concerts y sont fréquemment organisés.
 
Cadrans solaires – Le plus grand cadran solaire de la façade sud est conçu autour de la rosace à plus de trente mètres de haut. Le style est planté un peu en dessous du centre de la rosace et les heures sont peintes sur la pierre. Une méridienne se trouve sur un pilier à gauche du portail. Sur la place devant l’église se trouve l’œuvre sculptée par Henri de Miller appelée « L’écoute ».
Fête des charcutiers – Depuis le XVe siècle, chaque troisième dimanche de novembre les charcutiers viennent ici en procession, vêtus de leur toque et de leur costume blanc, pour assister à une messe commémorative. Une énorme tête de porc est exposée, suivie d’assiettes de charcuterie. Le patron des charcutiers est Saint Antoine, qui était parti dans le désert en compagnie d’un cochon. Après l’homélie, le président lit les noms des collègues décédés durant l’année puis dépose le parchemin où ces noms sont écrits dans une urne dans la chapelle qui leur est dédiée. La chorale entonne ensuite le chant « Ce n’est qu’un au revoir » et récite une prière au « bon Dieu du pâté en croûte » avant d’entamer un somptueux dîner.
 
Cochon à l’Oreille – À propos de charcuterie et de porc, il y a un beau restaurant historique au numéro 15 de la rue Montmartre. Les Halles ont disparu depuis longtemps, totalement détruites en 1969, mais les intérieurs en céramique de certains bistrots du quartier ont survécu et la présence de ce matériau en améliore grandement le décor. Les salles du Cochon à l’Oreille sont assez petites et sur les céramiques murales, qui datent de 1914, qui vont du sol au plafond, sont représentées des scènes du marché des Halles de l’époque. On y voit des femmes au foyer chargées de paniers, le va-et-vient des marchands ainsi que l’animation devant Saint Eustache. Les décors intérieurs sont les mêmes qu’à l’époque et bien que ce soit un lieu assez touristique, il vaut la peine d’y entrer.

Jardin Nelson Mandela
Halles
Métro ou RER: Châtelet-Les-Halles
Le jardin, anciennement appelé des Halles et aujourd’hui dédié à Nelson Mandela, a été conçu par l’architecte Louis Arretche en 1988 sur une superficie de cinq hectares. Quant aux structures métalliques, elles ont été réalisées par l’architecte Lalanne. On y trouve plusieurs fontaines, dont celle de la Cossonnerie créée par l’architecte Pierre Mougin, constituée de six petits tubes d’acier courbés d’où coulent de minces filets d’eau qui descendent dans un petit hexagone de pierre. De là l’eau se déverse dans un bassin trapézoïdal par le biais de deux rigoles.
 
Sur le mur de la maison voisine, au numéro 31 de la rue du Pont Neuf, se trouve un buste de Molière et une plaque indiquant que le dramaturge est né dans une maison située à cet endroit. En fait il n’en est rien puisque Molière est né dans un immeuble situé à l’angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Sauval. C’est le brocanteur Alexandre Lenoir qui fit poser le buste et la plaque en 1796, peut-être pour se faire un peu de publicité.

Guerre aux souris – Au numéro 8 de la rue des Halles se trouve la boutique du dératiseur Julien Aurouze ETS. À l’époque du marché des Halles, les souris posaient de gros problèmes et l’intervention des dératiseurs était précieuse. L’entreprise de Julien Aurouze existe depuis 1872. Des souris empaillées au milieu de flacons de poison sont exposées dans la vitrine et de nombreux passants s’arrêtent pour regarder avec curiosité. La vitrine apparaît dans la scène du film ratatouille où une souris montre à son fils le sort que leur réservent les humains. Elle est d’ailleurs incluse dans les visites guidées des lieux de tournage.

Forum des Halles
1, rue Pierre Lescot
Métro : Les Halles
En 1969, pour des raisons d’hygiène, le marché des Halles fut déplacé en banlieue, à Rungis. Mais ce transfert fut néfaste à l’atmosphère animée et festive qui régnait auparavant. Ce fut Louis VI qui l’avait fait ouvrir au XIIIe siècle. Au début, on y vendait du poisson de la mer du Nord et du vin. À son apogée, treize mille ouvriers y travaillaient, même la nuit. Il y avait les cabocheurs qui coupaient la tête des moutons pour en extraire la cervelle, il y avait les gaveurs de pigeons ainsi que les déchargeurs constitués en corporation qui portaient plus de 200 kilos. À une heure du matin arrivaient les paysans avec des légumes, des fruits et des fleurs.
 
À l’aube, les noctambules prenaient un croissant et un café dans les bistrots, à côté des bouchers et des déchargeurs qui prenaient une entrecôte et un verre de vin ou d’eau-de-vie dilué avec de l’eau fortement poivrée. À 8h le marché fermait ses portes et les vagabonds se jetaient sur les fruits et légumes restants. Pour construire la nouvelle structure en béton des Halles, les pavillons Baltard, chef-d’œuvre de l’architecture métallique du XIXe siècle, ont malheureusement été détruits.
 
Des fruits pourris aux condamnés – Les commerçants malhonnêtes et les faux témoins étaient exposés au pilori dans une structure du même nom, constituée d’une roue en fer avec des trous dans lesquels étaient emprisonnés leurs bras et leur tête. Les passants leur jetaient à la figure des œufs ou des fruits pourris et mais pas de pierres ou d’autres objets durs.  
 
Les abeilles et la ruche – Au coin de la maison du numéro 9 de la rue Pierre Lescaut se trouve une ruche avec des abeilles qui était l’enseigne d’un magasin de miel au début du XXe siècle.
 
À l’angle de la place Marguerite de Navarre, toute proche, et du passage des Lingères se trouve un complexe immobilier doté d’une énorme façade en miroir, avec des dalles sur différents étages.

Forum des Images
2, Rue du Cinéma
Métro: Les Halles, Châtelet
Le Forum est le cœur des Halles et c’est là, à côté des commerces, que se trouve le Forum des Images, le temple du septième art, un lieu ouvert et convivial qui contribue à faire de Paris la capitale du cinéma. La Cinémathèque abrite une collection de plus de six mille cinq cents films consacrés à la Ville Lumière, dans un cadre nouveau et coloré. Quant à l’espace de rencontre et de débat de l’Académie, il accueille les master classes du cinéma auxquels participent de grands cinéastes. Des projections ouvertes à tous sont également proposées à l’heure du déjeuner et en soirée. L’Académie organise aussi une dizaine de festivals tout au long de l’année. La bibliothèque est dédiée à François Truffaut.

Rue Montorgueil
Métro : Les Halles ou Sentier
La rue Montorgueil se trouve en partie dans le premier arrondissement et en partie dans le deuxième. Son nom actuel dérive de celui de la rue qui menait au Mont Orgueilleux au XIIIe siècle. À l’une des extrémités se trouve une grande arche en fer vert portant l’inscription Marché Montorgueil en lettres d’or. Il est agréable de s’y promener en admirant les façades des maisons anciennes et les enseignes. Aujourd’hui, comme par le passé, on y trouve de nombreux restaurants et magasins d’alimentation, ainsi que des boutiques spécialisées dans les ustensiles de cuisine, comme Dehillerin, située au 16-20 rue Coquillière, et qui existe depuis 1820. Les cuisiniers professionnels viennent y acheter les casseroles en cuivre ou pour la cuisson à induction tandis que les pâtissiers y viennent en quête de moules aux formes farfelues.
 
Au numéro 78, à l’angle de la rue Greneta, se trouve l’enseigne du restaurant du XIXe siècle Le Rocher de Cancale, fréquenté autrefois par Dumas, Gautier, Sue et Balzac qui immortalisa les fruits de mer servis ici dans la Comédie Humaine. L’enseigne en fonte représente un rocher recouvert d’huîtres à la coquille noirâtre et rugueuse.
 
Au numéro 51 se trouve un bas-relief avec des symboles maçonniques, un globe terrestre entouré des symboles des Arts et des Lettres, ainsi qu’une règle, une équerre et un compas.
 
Au numéro 38 se trouve l’Escargot, ouvert en 1832, avec sa façade en bois et son enseigne en forme d’escargot, toutes deux originales de l’époque. L’entrée est ornée d’un beau plafond peint provenant du palais de Sarah Bernhardt.
 
À côté se trouve la prestigieuse confiserie Stohrer, fondée en 1780 par le créateur du baba au rhum. Dans la vitrine, outre les friandises, on trouve par exemple des artichauts à la norvégienne et des confits de canards. Ce fut Marie Leczynska, épouse de Louis XV, qui avait fait venir à Paris le cuisinier et pâtissier Stohrer. Cinq ans plus tard, il ouvrit sa pâtisserie, où nobles et riches venaient prendre le thé et le baba. Les murs et le plafond sont recouverts de peintures fixées sous verre.
 
Au numéro 10 de la rue de Tiquetonne, toute proche, l’enseigne de l’Arbre à Liège orne le premier étage d’un immeuble du XVIe siècle.

Place du Bellay
Place Joachim-du-Bellay
Métro: Châtelet, Les Halles
Qui était Joachim du Bellay ? C’était un poète de la Pléiade, mais peu de gens se rappellent de lui. Il est également difficile de croire que sous la place qui lui est dédiée et qui est aujourd’hui bordée de nombreux cafés aux terrasses colorées, quelque deux millions de Parisiens issus de vingt-deux paroisses de la ville ont été enterrés. Les corps étaient jetés dans des fosses communes pouvant contenir jusqu’à mille cinq cents corps, mais il n’y avait jamais assez de place. Alors, de temps en temps, on les exhumait et on les mettait dans des charniers construits tout autour du cimetière. Malgré cela, en 1780, le mur d’une des fosses céda et les cadavres se retrouvèrent dans les caves des maisons. Le cimetière était aussi un lieu de promenade. Le jour, il y avait de nombreuses échoppes et la nuit il y avait les prostituées qui, en hiver, se réchauffaient avec un feu alimenté par les ossements des morts.
 
À côté du cimetière se trouvait l’église des Innocents, avec quelques cellules pour les femmes qui voulaient vivre à l’écart. Il y avait seulement une petite fenêtre pour passer la nourriture. Une des recluses, une sœur, y vécut pendant quarante-huit ans.
 
Le cimetière a été fermé à la fin du XIXe siècle et une partie des os et des crânes a été transférée dans les Catacombes. Le nouvel espace a été transformé en une place bordée d’arbres et un marché y a lieu.
 
Fontaine des Innocents – Cette fontaine a été construite en 1549 d’après un projet de Pierre Lescot, sur le terrain du cimetière et adossée au mur de l’église des innocents. De style Renaissance, elle est décorée de nymphes et de naïades. À la fermeture du cimetière, la fontaine a été déplacée dans le jardin public et placée sur un piédestal composé de six bassins disposés en escalier.

Place du Châtelet
Métro: Châtelet
Il ne reste rien de l’ancienne forteresse qui s’élevait ici et qui a donné son nom à la place. En fait, il faudrait plutôt parler de forteresses car il y en a eu plusieurs au cours des siècles. La première fut construite par Charles le Chauve en 877 pour protéger le pont. La seconde fut construite sous Louis VI et fut détruite sur ordre de Napoléon qui fit alors aménager la place.
 
Fontaine du Palmier – La fontaine du Palmier se compose d’une colonne surmontée d’une statue de la Victoire ailée en bronze doré et est décorée de feuilles de palmier. Il s’agit d’une copie, l’original étant conservé au musée Carnavalet. La base de la colonne porte quatre statues, allégories de la Vigilance, de la Justice, de la Force et de la Prudence qui se tiennent par la main. La fontaine devait célébrer les campagnes victorieuses de Napoléon en Égypte et en Italie et leurs noms sont gravés dans le bronze.
 
Lorsque Haussmann décida d’agrandir la place, il fit mettre la fontaine de vingt-quatre tonnes sur des rails pour la déplacer d’une douzaine de mètre afin qu’elle continue à être au centre de celle-ci.

Théâtre du Châtelet
1, place du Châtelet
Métro: Châtelet
Jusqu’au XVIIIe siècle, le bâtiment du théâtre était une prison où l’on pratiquait la torture pour obtenir des aveux qui comptaient plus que des preuves. Les prisonniers étaient contraints de boire des litres et des litres d’eau, ils étaient attachés avec des cordes jusqu’à ce qu’ils soient totalement compressés ou leurs membres étaient tirés à l’extrême et leur chair était arrachée avec des pinces chauffées au fer rouge. Une des cellules avait la forme d’un entonnoir inversé avec le sol inondé, une autre était remplie de serpents… Dans de telles conditions, on peut comprendre que la mort représentait la libération.
 
À une certaine période, dans une grande salle près de l’entrée du bâtiment se trouvait la morgue, où l’on mettait les cadavres repêchés dans la Seine pour les identifier, une quinzaine par jour en moyenne. Lors de ses séjours à Paris, Dickens s’y rendait régulièrement et décrivait ces pauvres cadavres dans ses carnets de voyage.

Quai de l’Horloge
Métro: Châtelet
À l’origine le quai de l’Horloge s’appelait Grand-Cours-d ’Eau puis a changé de nom étant donné qu’il est situé près de l’horloge de la tour homonyme, construite au XIVe siècle sous le roi Jean le Bon. La tour faisait partie du palais de Philippe le Bel, qui devint plus tard le Palais de Justice, et sa cloche sonnait pendant trois jours et trois nuits à la naissance ou à la mort d’un roi. Pendant les années de la Révolution, les bourreaux y venaient pour vendre les cheveux des guillotinés.
 
Devant les numéros 3 et 7 du quai de l’Horloge se trouvent trois lampadaires avec une barre, autre vestige du passé. À l’époque où l’entretien des lampadaires à gaz était confié aux allumeurs de réverbères, ceux-ci prenaient une échelle qu’ils appuyaient sur la barre horizontale pour y monter et effectuer le travail. Jusqu’en 1950, il était courant de voir ces hommes passer dans les rues de Paris, vêtus d’un tablier et munis d’une longue perche, pour allumer et éteindre les lampadaires à gaz situés à vingt-cinq mètres les uns des autres. À la base des lampadaires du Pont Neuf se trouvent des « coffrets » en fonte contenant le robinet du gaz qui permettait de couper l’alimentation en cas de travaux. Les portes sont ornées de magnifiques bas-reliefs.
 
L’horloge publique avait été offerte aux Parisiens par Charles V en 1371. C’était la première fois qu’il était possible de lire l’heure la nuit, même par mauvais temps, alors qu’avec les cadrans solaires c’était impossible.
 
L’horloge était également dotée de cloches pour indiquer l’heure. À gauche du cadran se trouve la statue de la Justice, à droite celle de la Loi, et il faut dire que la structure supporte bien les presque six siècles et demi de vie qu’elle porte sur ses épaules.

Place Dauphine, cœur de Paris
Métro: Pont-Neuf
La place date de 1619 et s’ouvre sur deux bâtiments de style Louis XIII, dont l’architecte Métezeau a habilement utilisé la brique et la pierre pour les façades. Le nom de Dauphine vient du nom du Dauphin de France, fils aîné d’Henri IV. La place d’origine était très différente de celle d’aujourd’hui. C’était une place fermée avec deux petites entrées, bordée de trente-deux maisons à deux étages avec des toits en ardoise. Encore avant il y avait un verger royal sur cet emplacement. La rénovation actuelle de la place a été conçue par Viollet-le-Duc et est très agréable et homogène. On y trouve plusieurs galeries d’art et quelques petits restaurants. On dit que Maigret en personne venait manger ses sandwichs dans l’un des bistrots.
 
L’une des raisons pour laquelle la place est agréable est qu’il n’y a pas de voitures, seulement des arbres et des bancs, au milieu desquels les retraités jouent à la pétanque. Et là où se trouvent aujourd’hui les terrains, une fontaine avait été placée en 1803 en l’honneur du général Desaix, vainqueur à Marengo, mais elle fut enlevée par la suite. C’était la première fois que l’on érigeait à Paris un monument qui n’était pas dédié à un roi.
 
Maison du Barreau – Aux numéros 2 et 4 de la place se trouve la Maison du Barreau, où se déroule, en décembre, la cérémonie de reprise de l’activité judiciaire. Elle est présidée par le bâtonnier, le président de l’Ordre des avocats, appelé ainsi parce qu’il tenait autrefois en main le bâton de Saint Yves, le saint patron des avocats. La cérémonie marque le début de la période de formation et de sélection des jeunes avocats et se déroule dans l’une des belles salles de la bibliothèque du Palais de justice. Pour ceux qui souhaitent voir la plaidoirie de Marie-Antoinette ou celle de Zola pour Dreyfus, il est possible de visiter le musée lors les Journées du Patrimoine.   
Centre de gravité surfacique – La place Dauphine est aussi le point central de l’agglomération de la capitale.

Square du Vert Galant
Île-de-la-Cité
Métro: Pont-Neuf
La pointe ouest de l’Île de la Cité doit son nom à Henri IV, surnommé Vert-Galant en raison des nombreuses maîtresses qu’il avait encore malgré son âge avancé. Mais c’est à juste titre que le terme « Vert » est employé en raison de l’abondance de verdure et d’arbres : marronniers, ifs, prunus, noyers, érables négundo, saules pleureurs, oliviers, sophora panaché, catalpa, robiniers, ginkgo biloba, buisson ardent, arbres à perruque… Et il est agréable de s’asseoir sur les pierres du rivage et de regarder les cygnes, les grèbes et les canards glisser lentement sur l’eau…
 
La statue équestre d’Henri IV a été réalisée en 1608 à Florence par Giambologna à la demande de Marie de Médicis. Elle fut achevée par Pietro Tacca et placée sur le piédestal par Francavilla. Pendant la Révolution, elle fut détruite puis reconstruite lors de la restauration de la monarchie des Bourbons.
 
Une plaque rappelle que les Templiers de Molay et de Charnay y furent exécutés en 1314.

La Sainte -Chapelle
8, boulevard du Palais
Métro : Cité, Saint-Michel
Louis IX, canonisé par Boniface VIII en 1297, désirait faire de Paris une des capitales de la chrétienté. Dans ce but, il avait tout d’abord acheté à grands frais la couronne d’épines de Jésus, puis un fragment de la croix, l’éponge imbibée de vinaigre utilisée pour le désaltérer sur la croix et la lance avec laquelle son côté avait été percé. Pour conserver toutes ces reliques, le roi décida de faire construire une chapelle qui serait aussi la chapelle palatine du palais royal.
 
Il confia les travaux à Pierre de Montreuil, qui acheva l’édifice en 1248, peu avant le départ du souverain pour les croisades. Chef-d’œuvre de l’architecture gothique, la chapelle mesure 20 mètres de haut et comprend deux niveaux :  celui inférieur était autrefois dédié au peuple et le supérieur au roi. Les quinze vitraux polychromes retracent de nombreux épisodes de la Bible. La lecture se fait successivement de bas en haut et de droite à gauche.

La plus grande rosace de la façade mesure 9 mètres de diamètre et représente des scènes de l’Apocalypse de Saint Jean. La flèche qui s’élève au-dessus du toit symbolise l’union entre la terre et le ciel et est l’œuvre de Viollet-le-Duc. Haute de 33 mètres, elle est en bois de cèdre et date de 1853.
 
Aujourd’hui, les reliques sont conservées à Notre-Dame. La chapelle est désacralisée et accueille des concerts et des festivals musicaux. On ne peut pas dire que ce soit un lieu méconnu, il y a la queue pour entrer, mais les vitraux valent le détour…

Conciergerie
2, boulevard du Palais
Métro: Cité
En 1370, la Conciergerie devint une prison d’État qui s’était transformée en antichambre de la mort pendant la Révolution. La longue liste des guillotinés, parmi lesquels Charlotte Corday, Madame Du Barry et Philippe d’Orléans est gravée dans le marbre. Les personnes en attente d’exécution y étaient enfermées et, au plus fort de la capacité d’accueil, elles étaient plus de six cents. Cette promiscuité provoquait des épidémies et des risques de peste. Ceux qui n’avaient pas d’argent logeaient dans une salle commune et dormaient sur la paille au milieu des rats, tandis que ceux qui en avaient pouvaient se payer une chambre plus confortable. Le soir, au pied de la tour du Bonheur, les gardes lisaient les noms de ceux qui devaient comparaître au tribunal le jour d’après. Ensuite, les condamnés étaient préparés à la potence dans une loge où on leur coupait les cheveux et les vêtements autour du cou. Un tacot les emmenait ensuite vers le lieu d’exécution.
 
Marie-Antoinette était entrée à la Conciergerie le 2 août 1793, accusée d’avoir conspiré contre la sécurité du peuple français. La famille royale avait été arrêtée un an plus tôt et conduite à la prison du Temple. Le roi fut exécuté le 21 janvier, Marie-Antoinette le 16 octobre 1793, après avoir passé soixante-seize jours à la Conciergerie. Aujourd’hui, une statue de cire la représentant en train de prier devant une table, couverte d’un voile noir, nous rappelle son souvenir. Il semblerait que la cruche et la serviette soient celles qu’elle utilisait.
 
La Conciergerie a cessé d’être une prison pour devenir un monument historique en 1914. Des salles jusque-là inconnues ont récemment été découvertes dans le sous-sol de la tour Bonbec.

Palais de Justice
10, Boulevard du Palais
Métro: Cité
Entre le Xe et le XIVe siècle, le palais était la résidence de la famille royale française. Depuis le Moyen-âge, la justice y était rendue, bien qu’au XVIIIe siècle et jusqu’à la Révolution, le palais soit devenu le siège du Parlement. La Conciergerie, mentionnée plus haut, fait également partie du complexe. Dans les ailes latérales se trouvent la cour d’assises et la cour d’appel. Les décorations extérieures ont été réalisées par Bonnassieux.
  
Assister à une audience – Presque toutes les audiences sont publiques, mais il n’est pas facile de suivre le déroulement d’un procès si l’on ne connaît pas les détails de l’affaire. Il est cependant intéressant d’être présent et d’observer comment la justice est rendue. Les personnes intéressées doivent se présenter à l’entrée réservée au public.
 
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